• Livres

     Liste des livres (cliquer sur le titre pour accéder directement à l'article)

     

    - Le coeur glacé d'Almudena Grandes

    - La langue des papillons de Manuel Rivas

    - Thérèse mon amour de Julia Kristeva

    - Don Quichotte de Miguel de Cervantes

    - Les nouvelles exemplaires de Miguel de Cervantes

    Monsieur le président de Miguel Angel Asturias 

    - L'automne du patriarche de Gabriel García Marquez

    - Le barbaresque d'Olivier Weber

          - L'amour aux temps du choléra de Gabriel García Marquez   

    - La ville et les chiens de Mario Vargas Llosa

    - La fête au bouc de Mario Vargas Llosa

    - Le paradis un peu plus loin de Mario Vargas Llosa

    - Pantaleón et les visiteuses de Mario Vargas Llosa

     - Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa

    - Le rêve du celte de Mario Vargas Llosa-

    - Le tango de la vieille garde d'Arturo Perez Reverte

     - Arènes sanglantes de Vicente Blasco Ibañez

     - Les bestiaires de Henri de Montherlant

    - L'été dangereux d' Ernest Hemingway

    - Des taureaux dans la tête de François Zumbiehl

    - Mapuche de Caryl Férey

    - Le Noël de Manolito d'Elvira Lindo

     - Inés et la joie d'Almudena Grandes

    Le lecteur de Jules Verne d'Almudena Grandes

    - Les voix du Pamano de Jaume Cabré

    - Pas pleurer de lydie Salvayre

    - La capitana d'Elsa Osorio

    - Un hiver à Madrid de C.J. Sansom

    - Avril rouge de Santiago Roncagliolo

    - La cathédrale de la mer de Ildefonso Falcones

    - Cadix ou la diagonale du fou d'Arturo Perez Reverte

    - La capitana d'Elsa Osorio

    - Un hiver à Madrid de C.J. Sansom

    - Avril rouge de Santiago Roncagliolo

    - La cathédrale de la mer de Ildefonso Falcones

    - Cadix ou la diagonale du fou d'Arturo Perez Reverte

    - La tristesse du samouraî de victor del Árbol

    - Le bourreau de Gaudi de Aro Saínz de la Maza

    - Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol

    - Confiteor de Jaume Cabré

    - Les révoltés de Cordoue d'Ildefonso Falcones

    - Derrière les portes closes de Care Santos

    - Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi - Jean-Chr. Ruffin

    - Plus jamais ça - Andrés Trapiello

    - Hérétiques - Leonardo Padura

    - Condor - Caryl Ferey

    - Les fantômes de Goya - Jean-Claude Carrière

    - Un amour fou - Catherine Hermary Vieille

    - De chair et d'os - Dolores Redondo

    - Le gardien invisible - Dolores Redondo

    - L'imposteur - Javier cercas

    - L'empereur aux mille conquêtes - Javier Moro

    - La double vie de Jesús - Enrique Serna

    - Codex 632, le secret de Christopje Colomb - JR Dos Santos

    - Sostice - José Carlos Llop

    - Santa Evita - Tomás Eloy Martínez

    - La peau du tambour - Arturo Prez-Reverte

    - Beatriz.... Une vie comme un roncier d'amour - Cathy Berenguer Joly

    - Mille ans après la guerre - Carine Fernandez

    - Inés del Alma mía - Isabel Allende

    - Lettres de mon enfance - Emma Reyes

    - Les yeux fardés - Lluis Llach

     

     

     Et depuis le 25 septembre 2014, La Tertulia s'est enrichie d'un atelier-lecture, les livres qui y seront discutés viendront s'ajouter à la liste de cette rubrique. Cet atelier a pour but de réunir tous les membres de la Tertulia qui aiment lire pour leur permettre d'échanger sur leurs coups de cœur, leurs émotions, leurs opinions et leur plaisir en toute convivialité.

     La prochaine rencontre aura lieu le 2 mai 2019 chez Pierrette (si vous êtes intéressés, laissez un commentaire avec vos coordonnées ou contactez-nous par courriel à assoc.tertulia@hotmail.fr)

  • "Patría     Patría

     

     Patría

    Fernando Aramburu

    Présentation de l'auteur par l'éditeur français (Actes sud) : "Fernando Aramburu, né à San Sebastiàn en 1959, est l'auteur de trois récits et de six romans qui ont été distingués par de préstigieux prix littéraires.
     Patria a notamment reçu le prix de Fransisco Umbral et le prix de la Critique 2017"

    Présentation du livre par l'éditeur : "Lâchée à l’entrée du cimetière par le bus de la ligne 9, Bittori remonte la travée centrale, haletant sous un épais manteau noir, bien trop chaud pour la saison. Afficher des couleurs serait manquer de respect envers les morts. Parvenue devant la pierre tombale, la voilà prête à annoncer au Txato, son mari défunt, les deux grandes nouvelles du jour : les natio­nalistes de l’ETA ont décidé de ne plus tuer, et elle de rentrer au village, près de San Sebastián, où a vécu sa famille et où son époux a été assassiné pour avoir tardé à acquitter l’im­pôt révolutionnaire. Ce même village où habite toujours Miren, l’âme sœur d’autrefois, de l’époque où le fils aîné de celle-ci, activiste incarcéré, n’avait pas encore de sang sur les mains – y compris, peut-être, le sang du Txato. Or le retour de la vieille femme va ébranler l’équilibre de la bourgade, mise en coupe réglée par l’organisation terroriste.
    Des années de plomb du post-franquisme jusqu’à la fin de la lutte armée, Patria s’attache au quotidien de deux familles séparées par le conflit fratricide, pour examiner une crimina­lité à hauteur d’homme, tendre un implacable miroir à ceux qui la pratiquent et à ceux qui la subissent.
    L’ETA vient de déposer les armes mais pour tous une nou­velle guerre commence : celle du pardon et de l’oubli.
    Ce roman a enflammé la société espagnole et a valu à son auteur les plus prestigieuses récompenses. En cours de publication dans le monde entier, Patria fait événement par sa puissance d’évocation et sa mise en question des fanatismes politiques."

    Avis de l'atelier-lecture de la Tertulia

    L’avis de Martine :

    Dès les premières pages j’ai été happée, je suis entée dans l’histoire et j’ai juste eu envie de poursuivre ma lecture rédigée dans un style simple, direct adapté au milieu social des personnages et ponctuée de dialogues qui rendent l’ouvrage vivant. Les époques se mélangent au sein de chapitres courts et rythmés. Au début de chacun d’eux on ne sait si l’on repart dans le passé ou si l’on reste dans l’actualité des personnages. Ce roman, c’est un puzzle qui se met en place progressivement. Chaque protagoniste est typé, on a donc ainsi une idée très claire de chacun d’eux, de sa psychologie, de ses sentiments. Les histoires de la vie de tous les jours se télescopent avec l’histoire de la province avec un grand H. Au départ, deux couples vivent dans un village du pays basque. L’un, qui a trois enfants, évolue dans un milieu ouvrier et l’autre, un peu plus aisé a deux enfants. Les deux couples partagent une vraie amitié, les hommes sont fous de vélo et vont au café ensemble, les femmes savent se faire plaisir en dégustant chocolat et churros à Donostia toutes les semaines. Tout va déraper et basculer quand s’instille progressivement le poison de la lutte armée pour l’indépendance car au sein des villages l’idéologie, peu intellectualisée, de l’indépendantisme ne laisse que deux choix : collaborer ou être ostracisé. Dans l’une des familles l'un des fils rejoint la bande armée séparatiste; l'autre devient l’objet de la vindicte du groupe armé quand le père de famille, El Txato, un petit patron, rechigne à payer "l'impôt révolutionnaire". Peu à peu mis à l'index par son entourage, il finit …..Les deux héroïnes, rudes, à la forte personnalité inflexible, ne m’ont pas été très sympathiques, leurs maris, plus humains, beaucoup plus. Le roman a quelques longueurs quand il s’appesantit sur la vie sans grand intérêt de certains enfants des personnages principaux et sur la fin, il s’étire. Une seule belle personne éclaire cet ouvrage : c’est Arantxa, la sœur du militant pur et dur. C’est la seule qui sait faire la part des choses, qui sait dissocier les jugements des sentiments (les uns n’empêchent pas les autres) et qui a une vue lucide sur les drames qui frappent les deux familles et plus largement sur l’ETA.

    A noter que le succès du roman a été tel qu’une adaptation en série est en cours en Espagne et qu’il est un excellent sujet de débat. Et pour terminer voici ce que dit l’auteur de l’idéologie décrite dans le livre : « Je ne sais pas si cette idéologie a été totalitaire, mais ceux qui se sont efforcés de la mettre en œuvre, oui, sans aucun doute. Ils ont voulu créer, de force, une communauté idéale. Estimant que certains citoyens y faisaient obstacle, ils ont fait d'eux des ennemis. Ils ont nié leur humanité. Après les avoir 'chosifiés', ils se sont arrangés pour les supprimer du paysage rêvé. Il y a eu plusieurs degrés dans cette exclusion : le silence, la soumission ont été les plus légères. Ensuite, l'exil. L'expulsion extrême a été l'assassinat sélectif. ETA a été créé pour accomplir cette tâche spécifique.  » (17/03/2018)magazine « L’express »

    Avis de Françoise H

    Pátria est le 9ème roman de l'auteur basque Fernando Aramburu qui a également écrit des nouvelles, des recueils de poésie et des livres pour enfants.

    Paru en 2016 en Espagne, Pátria (vendu à plus de 500 000 exemplaires) a reçu le Prix national de littérature narrative en octobre 2017

    Une saga passionnante de de plus de 600 pages met en scène deux familles amies par le passé mais séparées par le conflit armé d'ETA.

    C'est une fiction et elle ne saurait par le biais de ce roman expliquer seule le conflit qui déchira toute une région mais elle y contribue.

    Dans ce roman, les personnages femmes représentent les piliers de leur famille.

    Le fils de l'une s'est engagé dans l'action violente et purge une longue peine de prison. Quant à l'autre femme, Bitori, la femme de Tchato assassiné pour avoir refusé de verser l'impôt à la lutte armée, elle décide de retourner chez elle en bravant les anciens bourreaux ou leurs complices.

    Par cette fresque romanesque, F Arramburu nous éclaire sur les mécanismes du terrorisme et délivre un message universel.


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     Tout cela, je te le donnerai

    Todo esto te daré 

    Dolorés Redondo

     

     

    Présentation de l'auteur par l'éditeur : Dolores Redondo, née en 1969, a étudié le droit et les arts culinaires. Entre 2013 et 2014 elle publie la trilogie du Baztan, une série d'enquêtes basée dans les Pyrénées basques, qui s'est vendue à plus d'un million d'exemplaires dans une trentaine de pays. Le premier tome, Le gardien invisible, a été adapté à la télévision (Netflix, 2017). Tout cela je te le donnerai, son nouveau roman, a remporté prix Planeta 2016.

     

    L’avis de l'atelier-lecture de la Tertulia :

     « Tout cela, je te le donnerai /Todo esto te daré » fait référence à un verset de la bible et il s'agit du titre qu'a choisi Dolores Redondo pour son troisième livre. Ce polar ethnique et sociologique a remporté le très mérité prix Planeta 2016 en Espagne . Après la trilogie du Bastan qui avait pour décor le Pays basque, l'auteure nous transporte en Galice où Alvaro Muniz de Dávila, fils d’une famille patricienne décède dans un accident de voiture. Cet accident dans un lieu inattendu est le point de départ d'une enquête menée par le mari du défunt et un policier à la retraite.

     Dolores Redondo aborde des thèmes comme le mariage pour tous, la place de l'église dans la société espagnole et plus particulièrement dans sa noblesse, la pédophilie au sein de l'église, la violence conjugale et nous décrit l'ambiance d'un « pazo » demeure noble de la région ainsi que les paysages somptueux des rives du Miño où les rangs de vigne produisent du vin depuis l'époque romaine.

     Le liant de tous ces ingrédients est assuré avec talent par la vie des personnages et leurs relations complexes dans des mondes qui s'affrontent : celui des traditions à défendre coûte que coûte et celui du modernisme, héritage de la movida.

     « Tout cela, je te le donnerai » est un roman captivant que l'on ne lâche qu'à regret à une heure avancée de la nuit !


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    Dos hombres buenos 

    Deux hommes de bien

     Arturo Perez- Reverte

     

    L'auteur :

    Né en Espagne en 1951, Arturo Pérez-Reverte a été reporter et correspondant de guerre. Il est membre de la Real Academia Espanola de las Letras. La plupart de ses romans sont disponibles en Points.

     

    L’avis de l'Atelier-lecture de La Tertulia :

     C’est en faisant des recherches dans l’Académie Royale d’Espagne, que Perez-Reverte découvre par hasard les vingt-huit volumes de l’édition originale de « l’Encyclopédie » parue de 1751 à 1772. Interdite en Espagne, comment y est-elle parvenue ? Tout le monde l’ignore. Des archives retrouvées (dont le précieux journal de voyage laissé par l’un des deux académiciens) ainsi que des recherches personnelles de l’auteur (cartes, plans, récits de l’époque…) vont aboutir à « document-roman ».

     

    A la fin du XVIIIème siècle, les membres de l’Académie Royale d’Espagne décident d’acquérir, malgré l’opposition virulente de l’Eglise omnipuissante, cette « Encyclopédie » dont on parle tant. Ils sont soutenus dans ce projet par le roi Charles III lui-même. Deux Académiciens, le bibliothécaire, fervent catholique, et l’amiral Zarate, plutôt athée, sont chargés de cette mission. Après un très long voyage inconfortable et semé d’embûches, ils arrivent à Paris où l’abbé Bringas, un prêtre aux idées très radicales, va leur servir de guide. Nos deux Académiciens découvrent alors une ville brillante, à la pointe de la mode. Ils sont reçus dans les salons où ils rencontrent de grands esprits (Buffon, Laclos…), où l’on parle de littérature, découvertes scientifiques…Mais l’abbé Bringas n’oublie pas de les amener dans d’autres lieux moins accueillants : les rives de la Seine où vivent dans des conditions d’extrême pauvreté une grande partie des Parisiens et où se propagent des idées de mécontentement et de révolte. Ajoutons que nos Académiciens ignorent être suivis par un espion espagnol qui doit empêcher l’Encyclopédie, s’ils parviennent à la trouver, d’arriver jusqu’à Madrid.

     J’ai pris un très grand plaisir à lire ce livre. Je pourrais dire que je l’ai « dégusté » grâce au style de l’auteur qui reconstitue avec une précision minutieuse chaque instant de cette aventure courageuse et extraordinaire. Josette


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    Dans l'épaisseur de la chair

     Dans l'épaisseur de la chair

    Jean-Marie  Blas de Roblès

     Présentation du livre par l'atelier-lecture de la Tertulia :

    L’avis de Jeanine :

    L’auteur : Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, puis balloté en Camargue, à Rouen et dans les Vosges après le rapatriement des Français d’Algérie, Jean-Marie Blas de Roblès passe son adolescence dans le Var. Etudes de philosophie à la Sorbonne, d’histoire au Collège de France, régates au long cours en Méditerranée. En poste au Brésil comme enseignant et directeur de la Maison de la Culture Française à l’université de Fortaleza, il reçoit le prix de l’Académie Française pour son recueil « La Mémoire de riz » en 1982. Transfert en Chine Populaire : il aura le privilège de donner les premiers cours sur Sartre et Roland Barthes à l’université de Tien-Tsin (Tianjin), à la fin de la Révolution Culturelle. En 1987, parution de son premier roman « L’impudeur des choses ». Après un séjour au Tibet, il rejoint sa nouvelle affectation à l’université de Palerme en empruntant le Transsibérien. Un deuxième roman « Le Rituel des Dunes » paraît en 1989. C’est à Taïwan (Alliance Française de Taipei) qu’il commence son troisième roman « Là où les tigres sont chez eux » (prix Médicis en 2008) et abandonne l’enseignement pour se dédier à l’écriture. Voyages au Pérou au Yémen et en Indonésie. A partir de 1990, publication d’essais ou de textes poétiques en revues (notamment dans le Mâche-Laurier en 2006 et de « Méduse en son miroir » en 2008 chez Mare Nostrum). Membre de la Mission Archéologique Française en Lybie depuis 1986, il a participé chaque été aux fouilles sous-marines d’ Appolonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine. Il dirige actuellement la collection Archéologies qu’il a créée chez Edisud et où il a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation. Dans le même cadre d’activités, il est aussi responsable de rédaction de la revue Aouras, consacrée à la recherche archéologique sur l’Aurès antique.

    Le roman : C’est l’histoire de ce qui se passe dans la tête d’un homme ou le roman vrai de Manuel Cortès, rêvé par son fils (avec le perroquet Heidegger en trublion narquois de sa conscience agitée), Manuel Cortès dont la vie pourrait se résumer ainsi : fils d’immigrés espagnols tenant bistrot dans la ville garnison de Sidi-Bel Abbès, en Algérie, devenu chirurgien, engagé volontaire aux côtés des Alliés en 1942 et accessoirement sosie de Tyrone Power, détail qui peut avoir son importance auprès des dames…Et pui, il y a tout ce qui ne se résume pas, tous ces petits faits vrais de la mythologie familiale, les manies du pêcheur solitaire en Méditerranée, les heures douloureuses du départ familial dans l’urgence, et celles, non moins dures, de l’arrivée sur l’autre rive de la mer, de cette famille rapatriée. « Dans l’épaisseur de la chair » est un roman ambitieux, émouvant, admirable qui s’ancre d’abord dans l’amour, l’estime infinie d’un fils pour son père. C’est aussi, à travers l’histoire personnelle d’un homme, tout un pan de l’histoire de l’Algérie, depuis l’arrivée des grands-parents, venus d’Espagne, jusqu’au retour en France, au début des années soixante. Et ça commence par une apostrophe terrible, lancée par le père à son fils- Tu n’as jamais été un vrai pied-noir- doublée d’une question en écho : qu’est-ce qu’un vrai pied-noir ? Le récit est enlevé, brillant, philosophique, drôle, émouvant, bien sûr, sur une période peu exploitée dans le roman contemporain… Et avant tout un magnifique hommage d’un fils à son père.

     

    L’avis de Françoise H :

    Ce livre est un chef-d’œuvre de littérature, c'était la volonté de l'auteur et c'est réussi. Je l'ai découvert après avoir refermé le livre, heureusement car cette démarche me trouble un peu. Il a en effet déclaré « mon but est de faire de la littérature, pas de raconter l’histoire de ma famille »…

    Dès les premières lignes, j'ai été séduite par la qualité d'écriture et la profondeur du récit et de la réflexion.

    Si le premier chapitre déconcerte un peu, les rites des parties de pêche d'un fils et son père, l'histoire se dévoile ensuite : celle de Manuel Cortés le père pied-noir qui défile dans l'esprit de Thomas, le fils, tombé malencontreusement à la mer alors qu'il est parti seul en mer. Ses forces de décembre.

    Il s'agit d'un roman multiple. Tout d'abord l'auteur, historien de formation, nous décrit de façon détaillée et documentée à travers la saga familiale la colonisation de l'Algérie, l'engagement des pieds-noirs au côté des goumiers indigènes dans les débarquements en Italie et en Provence pendant la deuxième guerre mondiale, puis la guerre d'indépendance et enfin le rapatriement en métropole. Quant au philosophe, c'est plutôt sous forme de clin d’œil que l'auteur y fait allusion par la voix du perroquet imaginaire Heidegger qui interpelle Thomas et dialogue avec lui alors qu'il s'accroche au bateau glissant peu à peu vers l'hypothermie.

    extraits du livre :

    «  Il en va des pieds-noirs comme des Byzantins, ils n’ont existé en tant que tels qu’une fois leur monde disparu. » (page 59)

    "Mon père a assisté aux massacres de Sétif, il n'a rien fait, rien dit, rien ressenti, et je ne parviens ni à l'excuser ni à l'en blâmer. Il n'est pas si facile de percevoir ce que l'on voit ; il faut beaucoup d'efforts, de concentration sur l'instant présent, sur ce qu'il offre à notre regard, pour ne pas limiter ses yeux à leur simple fonction de chambre noire. Aveugles : ceux qui se sont contentés de voir, tranche Heidegger. Il a raison, hélas. "

    « La vérité, pourtant, c'est qu'en matière d'exactions sur les populations civiles, goumiers et tirailleurs n'ont pas été plus sauvages que les G I lors de la libération de la France. mille viols pour le corps expéditionnaire français en Italie, à peu près la même chose pour les soldats américains en France et en Angleterre, les russes remportant la palme, avec cent vingt-cinq mille femmes Entre trois et cinq violées dans la seule ville de Berlin.

    Plus qu'une sordide décompensation de soldats épargnés par la mort, le viol a toujours été une véritable arme de guerre. La pire sans doute avec le rapt et la torture... »

    Ces passages ne sont pas représentatifs de l'ensemble du roman mais ces réflexions en réponse aux souvenirs de guerre de Manuel Cortés m'ont interpellée et m'ont confortée dans l'idée qu'on ne peut attribuer à une « race », à une origine ou à une nationalité un non- respect de l'humain en opposition avec notre société que nous croyons civilisée grâce à l'éducation.

    Pour conclure, je dirais que ce roman extrêmement riche sur le plan historique et également plein de réflexion sur la nature humaine est l'un des meilleurs que j'ai lu cette année.

    L’avis de Martine :

    Si l’auteur a dit « mon but est de faire de la littérature, pas de raconter l’histoire de ma famille… », à mon avis les deux sont totalement imbriquées et donc indissociables. Pour moi, ce qui prime dans ce roman c’est le magnifique hommage d’un fils à son père à travers le récit familial qui part de l’immigration d’une humble famille espagnole en Algérie, menant là-bas une vie difficile de colporteur puis de commerçant et qui arrive au retour dramatique et difficile de l’auteur et sa famille en 1962 en France. J’ai beaucoup apprécié cette figure paternelle décrite car elle est profondément humaine et digne. C’est l’histoire d’un homme de bien, plongé dans l’Histoire de l’Algérie qui le dépasse : « Mon père a assisté aux massacres de Sétif, il n'a rien fait, rien dit, rien ressenti, et je ne parviens ni à l'excuser ni à l'en blâmer. Il n'est pas si facile de percevoir ce que l'on voit ; il faut beaucoup d'efforts, de concentration sur l'instant présent, sur ce qu'il offre à notre regard, pour ne pas limiter ses yeux à leur simple fonction de chambre noire." Peut-on avoir le recul nécessaire, quand est on est dans sa propre vie avec tout ce que cela implique, pour analyser un fait et prévoir ses conséquences ? Je passe sur le récit riche en rebondissements, anecdotes, humour, humanité…sa découverte n’en sera que plus appréciée… En second lieu ce qui m’a plu dans ce superbe récit d’une saga familiale c’est qu’il n’est ni le défenseur d’une idéalisation du type « apport de civilisation dans un territoire conquis » ni une dénonciation féroce de ce que certains ont appelé « un crime contre l’humanité ». La réflexion est nuancée, subtile, pas manichéenne et novatrice quand par exemple l’auteur fait le comptage des nombres de viols à la fin de la 2ème guerre mondiale. D’ailleurs l’auteur se livre à une réflexion implacable sur la guerre, il analyse les bienfaits et les injustices de la colonisation et dénonce clairement l’égoïsme des Français de métropole au moment de faire une place à ceux que l’on appellera « les Pieds- Noirs ». Ce fait-là, moi aussi je l’ai ressenti très clairement à l’âge de 13 ans : « les Pieds-Noirs » étaient vécus comme des riches exploiteurs qui rentraient pour « manger le pain des Français de métropole ». Tout tient en une phrase : « Les Pieds-Noirs sont les boucs émissaires du forfait colonialiste ». En 3ème point, j’en arrive à l’aspect littéraire du récit, particulièrement réussi. C’est un roman d’aventures traversé par des figures attachantes comme celle d’Ali le brancardier, ou celle du docteur Hassani qui proposera au père de l’auteur un poste important dans l’Algérie indépendante. Beaucoup de personnages fourmillent dans ce roman, représentatifs de cette société complexe. C’est un plaisir d’écriture et donc de lecture. L’auteur sait plonger le lecteur dans des descriptions d’ambiances particulières : parties de pêche, délicieux repas préparés par la mère de l’auteur, baignades dans la Méditerranée, émouvant loto de Noël 1972 où les souvenirs affluent…sans oublier un côté humoristique très agréable.

    En conclusion, ce récit, c’est celui que fait un fils qui, tout en barbotant dans l’eau, va entrer réellement « dans l’épaisseur de la chair » de son père de 93 ans et va le comprendre. Est-ce la métaphore d’une réconciliation entre la France et l’Algérie ? Ce livre m’a aussi beaucoup rappelé celui, magnifique, de Yasmina Khadra : « Ce que le jour doit à la nuit ». où le héros, lui, est un pharmacien algérien qui , comme le père de l’auteur, soignera les partisans du FLN et les Français d’Algérie. Pour moi ces deux livres se rejoignent par leur humanité, leur souci de nuancer, de montrer la complexité. Et, en conclusion, je lirai prochainement le livre d’Alice Zeniter : « L’art de perdre » dans lequel elle raconte le destin de générations successives de sa famille entre la France et l’Algérie.

     


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    Les yeux fardés

     Lluís Llach

    2015

    Présentation de l'éditeur

     Ils sont quatre inséparables, Germinal, David, Joana et Mireia, nés en 1920, qui traversent les rives de l'enfance dans le quartier populaire d'une Barceloneta aux ruelles bigarrées, aux senteurs maritimes, à la culture ouvrière militante. Après l'âge tendre des premiers émois, les personnalités s'affirment et les destinées s'esquissent. Pour les deux filles, du moins. Les balises de l'avenir se font plus fluctuantes pour les garçons quand ils découvrent la passion qui les unit. Si la proclamation de la République leur ouvre les voies de l'espérance, très vite la guerre civile rebat les cartes et conduit les amis au chaos... Ode vibrante à Barcelone l'irréductible et à son peuple enivré de rêves libertaires, ce roman trace avec une grande finesse l'expérience guerrière de ces héros sans grade, nimbée de la nostalgie douce-amère des illusions perdues. 

    Biographie de l'auteur

    Né en 1948 à Gérone, exilé en France pendant des années, l'immense interprète Lluis Llach est l'emblème du combat pour la culture catalane. Véritable événement au moment de sa parution en Espagne, Les Yeux fardés (Actes Sud, 2015) a reçu en France le prix Méditerranée étranger et le prix des Lecteurs du Var. Lluis Llach est également l'auteur des Femmes de la Principal (Actes Sud, 2017).

    Lire un extrait sur le site de l'éditeur : https://www.actes-sud.fr/sites/default/files/9782330034092_extrait.pdf

     

    Lluis Llach était présent Samedi 15 Octobre 2016 au Palais des congrès de Perpignan où lui a été remis le prix Méditerranée 2016 pour son premier roman "Les yeux fardés". 

    Lluís Lach est l'auteur et l'interprète de la chanson "L'Estaca" écrite en 1968, chanson-symbole de la lutte des catalans pour la liberté sous le régime de Franco.

     

     


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    Lettres de mon enfance 

    Emma Reyes

     

    Présentation de l'éditeur

     Peintre colombienne renommée, Emma Reyes était également une conteuse hors pair. Encouragée à écrire par Gabriel García Márquez, elle fit de son enfance accidentée dans la Colombie des années vingt le plus étonnant des récits.
    Dans ces vingt-trois lettres inédites adressées à son ami Germán Arciniegas entre 1969 et 1997, Emma Reyes raconte à travers la lorgnette d’une petite fille à l’imagination fantasque les aventures terribles, cocasses, émouvantes qui ont jalonné son enfance.
    Fille illégitime, ses premières années furent cousues d’errances, de misère et de mauvais traitements. Jusqu’à son évasion rocambolesque du couvent où elle fut recueillie avec sa soeur, et dont elle sortit sans savoir lire ni écrire à l’âge de dix neuf ans.
    Sans détour ni pathos, dans une langue spontanée, éprise de rébellion, Emma Reyes livre des mémoires épistolaires hauts en couleur, qui tiennent à la fois de Márquez, Dickens et des grands récits de la littérature picaresque. Publié pour la première fois en 2012, Lettres de mon enfance est aujourd’hui un classique, traduit dans le monde entier

    Biographie de l'auteur

     Emma Reyes, née à Bogotá en 1919 et décédée à Bordeaux en 2003, est une artiste au destin fulgurant. Orpheline, élevée dans un couvent de la capitale colombienne, elle est devenue une peintre de renommée mondiale, proche de Frida Kahlo et de Diego Rivera. En France, où elle a vécu à partir des années soixante, elle a contribué à faire émerger sur la scène artistique une génération entière d'artistes sud-américains. Chevalier des Arts et des Lettres, Emma Reyes laisse derrière elle une oeuvre exceptionnelle.

    Lire un extrait (les deux premières lettres) :https://liseuse-hachette.fr/file/43973?fullscreen=1&editeur=Fayard#epubcfi(/6/2[html-cover-page]!/4/1:0)

    Les revenus générés par la publication de ce livre va à un orphelinat de Bogota comme l'a voulu Emma Reyes :

    "...avant son décès, elle a clairement voulu que son argent soit donné à un orphelinat en Colombie, inclus, les droits de publication de Memoria por correspondencia, peu importe l’époque où il serait publié. Elle voulait faire quelque chose pour les enfants ayant souffert comme elle. Et il en a été ainsi. Gabriela me raconte qu’Emma a toujours aimé les enfants, et à chaque fois qu’elle en voyait elle leur témoignait une grande affection. ... 

     La Fondation est située à San José de Bavaria, sur la calle 172 con carrera 80. Il y a plusieurs logements pour les presque 150 enfants de tous âges, soigneusement décorés avec des peintures et des affiches d’enfants. Il y a une garderie pour les plus petits. Ici arrivent des mineurs abandonnés, maltraités, et, la fondation les accueille pour leur donner éducation, alimentation, un endroit où dormir. Il y a des enfants de seulement quelques mois dans une habitation à part en attente d’une adoption. Comme dans tout travail de cette nature les ressources manquent toujours mais l’effort pour donner une enfance digne à ces enfants est évident. Je les vois jouer sur la pelouse, courir sur le pavé, ils rient : tous sont Emma. Cette enfance triste qu’elle a laissée par écrit, si difficile à oublier, n’a pas été inutile. Elle serait heureuse de voir qu’elle a pu apporter de l’aide à ces enfants, soignés et protégés par des gens qui essaient d’être leur famille. Ils sont des enfants qui ne savent pas qui était Emma Reyes et que peut être aussi rêvent avec le monde."  Diego Garzon, revue Soho, édition 153, janvier 2013. Bogota Colombie

     Avis de l'atelier-lecture de la Tertulia

    " Emma Reyes est née à Bogota en 1919 et décédée à Bordeaux en 2003. Elle fut une artiste au destin fulgurant. Orpheline, élevée dans un couvent de la capitale colombienne, elle est devenue une peintre de renommée mondiale proche de Frida Kalho et de Diego Rivera qu’elle a fait connaître. En France, où elle a vécu à partir des années soixante, elle a contribué à faire émerger sur la scène artistique une génération entière d’artistes sud-américains. Chevalier des Arts et des Lettres, Emma Reyes laisse derrière elle une œuvre exceptionnelle. Elle était également une conteuse.

    « Lettres de mon enfance » est le récit de vingt-trois lettres inédites adressées à son ami German Arciniegas entre 1969 et 1997 qui racontent son enfance très dure de manière non misérabiliste, mais parfois cocasse, à travers les souvenirs d’une petite fille à l’imagination débordante. Emma et sa sœur Hélène de deux ans son aînée, filles illégitimes, orphelines, ont d’abord été élevées par une prénommée Maria de façon très dure ( corvées d’eau, de pots de chambre…) pour de très petites filles. Au cours d’un déménagement, raconté de manière très drôle, les petites filles étant sur le dos de deux Indiens folkloriques arrivent en retard à la gare et Maria est partie, les abandonnant. Elles sont alors placées dans un couvent pour enfants, elles ont 5 et 7 ans. Les règles y sont très dures, le travail qu’elles fournissent aussi. Emma et Hélène sont inséparables, Hélène protège sa petite sœur. Elles ne voyaient jamais personne de l’extérieur et ignoraient tout du monde. Les sœurs leur inculquaient le péché, l’adoration de Dieu, de la vierge Marie et la crainte du diable. Tout cela faisait partie de leur quotidien avec des punitions très sévères à la clé. Dans cette ambiance rigoureuse se démarque la présence de Carmelita qui n’est pas religieuse, haute en couleurs et à l’histoire vraie. L’arrivée d’une petite nouvelle fascine un groupe de petites filles avec une petite figurine «  Tarrarrurra » qui leur raconte tout ce qui se passe dans le monde et qu’elles croient vivantes. Cette petite nouvelle est renvoyée, traitée de folle et meurt noyée en voulant récupérer sa figurine tombée dans la rivière. Emma est très perturbée par cette annonce et refait pipi au lit, ce qui lui vaut de nombreux châtiments. Ainsi les années s’écoulent et Emma devient la meilleure brodeuse ce qui l’élève à s’occuper de l’aube du pape (qui ne sera pas finie). Par la suite elle travaille auprès de la sacristaine et un jour elle lui vole la clé du portail et s’enfuit, quitte Bogota. Elle ne sait ni lire ni écrire, elle a 19 ans.

    C’est son ami German Arciniegas qui raconte par la suite ses voyages ( Buenos Aires, Montevideo) ainsi que dans la jungle du Paraguay où les guérilleros ont tué son fils. A Buenos Aires, elle gagne le concours international de peinture dont le prix est un voyage à Paris. Sur le livre d’or est inscrit le nom de Picasso. Emma vit à Washington, à Mexico et peint toujours beaucoup. Puis elle s’installe en France à Périgueux avec Jean, son médecin, le grand amour de sa vie, qui deviendra son mari.

    Lettres de mon enfance est un roman inachevé, lu uniquement par Gabriel Garcia Marquez. Il fut publié en 2012 et il est devenu un classique, traduit dans le monde entier.

    L’histoire de cette petite fille cloitrée, maintenue dans la plus grande ignorance du monde, de la culture, mais dotée malgré tout d’un imaginaire extraordinaire, débarquant dans la vie à l’âge de 19 ans m’a passionnée. J’aurais aimé en savoir un peu plus sur la transition et la construction de cette femme, devenue peintre célèbre.

    Emma Reyes commence à peindre en 1943. De ses pérégrinations apparaissent différentes séries." Janine

     

    Emma Reyes décrit son enfance à travers des lettres qu’elle envoie à un ami écrivain et diplomate colombien. Les premières années, elle les passe en compagnie de sa sœur légèrement plus âgée et d’un garçonnet surnommé le « pou »  dans un endroit sordide : une pièce aveugle fermée à clé pendant les longues absences de Mademoiselle Maria, l’adulte responsable des enfants, probablement leur mère. Dans les années 20 en Colombie, cette jeune femme, jolie et sans ressources, dépend de protecteurs qui lui procurent du travail comme gérante de chocolateries dans la région de Boyacá,  dans les environs de Bogota. Ces emplois sont pour les petites filles une opportunité d’être  mieux logées. Le garçon, lui, a été abandonné à Bogota.

    Au cours d’un de ces séjours,  Mlle Maria donne naissance à un autre petit garçon laissé aux soins de Emma, pas plus désiré, le contrôle des naissances n’existant pas encore, il ne recevra pas davantage d’affection ni de soins que les fillettes. D’ailleurs ces dernières s’entendent dire que la vie aurait été bien différente sans elles…

    Emma raconte cette existence difficile avec un certain détachement, elle s’y est adaptée par instinct de survie.

    Après le traumatisme de l’abandon, d’abord celui du pou puis celui du bébé et enfin le leur, elles se plient à la vie dure du couvent où elles sont recueillies. A l’âge de 19 ans, sa force de caractère permet à Emma de s’enfuir, de découvrir le monde et de connaître une vie hors du commun. Analphabète, mais habile brodeuse elle tirera profit de ce talent pour investir sa connaissance des couleurs, du graphisme et de l’organisation de l’espace dans la peinture. Elle devient une artiste mondialement reconnue se formant auprès de maîtres renommés successifs et en évoluant dans ses styles au gré de ses expériences et de son parcours de vie.

    Ces lettres écrites trente ans après l'évasion du couvent d'Emma Reyes et de son entrée dans la vraie vie, représentent sans doute le récit des événements les plus marquants, ceux qui se sont gravés dans sa mémoire, peut-être modifiés ou interprétés à travers le prisme du temps et ont contribué à la construction de sa personnalité.

    C'est non seulement un témoignage sur la vie difficile des enfants pauvres du début du XXème siècle en Colombie mais également un tableau de la société colombienne de cette époque, un véritable document historique. Françoise H.

     

    En 1969, Emma Reyes vit à Paris, elle a 50 ans et entame une correspondance avec son ami German Arciniegas. Vingt-trois de ces lettres composent ce livre. Elle y raconte sa vie d’enfant en Colombie, avec sa sœur Héléna qui a deux ans de plus qu’elle. Elles n’ont pas de famille et sont « trimballées » au gré des événements de villes en villages, de maisons en couvents. Elles finissent par rester dans une communauté religieuse où, avec d’autres orphelines et en échanges de travaux forcés, elles survivent bien qu’affamées et maltraitées. Quand elle arrive là, Emma a cinq ans. Son existence est rythmée par les incessantes prières, les travaux domestiques, les punitions. On ne lui parle que du diable et de l’enfer qui la guette si elle n’accepte pas son triste sort. L’ignorance et la crainte des représentants de Dieu sur Terre, que l’on veut à tout prix lui inculquer, ne la briseront pas puisqu’elle décide de voler les clés du portail et s’évade. (Elle est à peine adolescente.) Elle veut «  mettre en marche vers le monde », « sans autre bagage que celui d’une pensionnaire d’orphelinat experte en broderie ». Et, elle va bien la réussir cette nouvelle vie puisqu’elle va voyager à travers le monde (Buenos-Aires, Paris, Washington, Mexico, Périgueux !.. où elle finira sa vie) et deviendra une peintre célèbre. Pour écrire ses souffrances, Emma se remet dans la peau de la petite fille qu’elle était en utilisant un vocabulaire et un langage simple, limite naïf, mais réaliste et émouvant. Marie-Lou 

     


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  • MILLE ANS APRÈS LA GUERRE

    Carine Fernandez

    Edition LES ESCALES

    2017

    Présentation de l'éditeur

    Un autre regard sur la guerre d'Espagne.

    "Miguel est un vieux solitaire, veuf depuis des années, qui n'apprécie que la compagnie de son chien Ramon. Il vit dans une cité ouvrière de la région de Tolède. Un matin, il reçoit une lettre de sa sœur Nuria. Elle a perdu son époux et compte venir vivre auprès de lui. Le vieux est pris de panique : sa sœur chez lui, c'en est fini de sa tranquillité, de son bonheur innocent avec Ramon. Il faut fuir ! Son chien sur les talons, le vieux prend un autocar en direction de l'Estrémadure, où il n'était jamais retourné depuis la guerre civile.
    Montepalomas, le village de son enfance, est enseveli sous les eaux d'un barrage. Pourtant du lac les souvenirs remonteront. Des pans entiers de sa jeunesse belle et terrible, quand on l'appelait Medianoche (" Minuit ") et que vivait encore son frère jumeau, Mediodia (" Midi "). Un frère assassiné par les Franquistes et dont le visage, mille ans après la guerre, hante toujours Miguel. Mais peut-être est-il temps de se libérer du passé...

    Dans un style ample et généreux, Carine Fernandez dessine ce voyage intérieur vers la rédemption, tout en revenant sur les années les plus noires qu'ait connues l'Espagne."

     

    Biographie de l'auteur

    Carine Fernandez, après deux doctorats de lettres, dont une thèse d'Etat sur William Beckford, a écrit plusieurs romans chez Actes Sud : La Servante abyssine (10 000 ex vendus), La Comédie du Caire et La Saison rouge. Elle est également l'auteur d' Identités barbares (JC Lattès, 2014) et d'un recueil de nouvelles, Le Châtiment des goyaves (Dialogues, 2014). Longtemps expatriée au Moyen-Orient et aux États-Unis, elle vit actuellement à Lyon.

    Site web de l'auteur (Pour en savoir plus sur son parcours et son œuvre il faut consulter son site très bien documenté) : http://www.carinefernandez.net/

    Extraits :

    "Le vieux a déjà déchiffré les trois quarts de la lettre, mais la fin le laisse pantois. Son cœur s’emballe à cent à l’heure et il doit s’y reprendre à plusieurs fois pour s’assurer qu’il a bien compris. Nuria a pris la décision de finir sa vie avec son frère, maintenant qu’on peut les dire seuls au monde, pas vrai ? Elle, ses enfants définitivement installés en Allemagne, et lui veuf ; son fils, que Dieu pardonne, suicidé à vingt ans, allez savoir pourquoi. La jeunesse est si bête ! Elle tiendra la maison et s’occupera de lui, il en a bien besoin. Ce doit être une belle porcherie depuis qu’il est livré à lui-même, mais grâce à Dieu, elle y mettra bon ordre.

    La nouvelle terrifiante éclate sur l’avant-dernière ligne : Nuria annonce son arrivée pour le mardi 7 juillet. On est déjà le 5...


    [...]Adieu les cigarettes roulées dans le patio, adieu le patio, adieu les sardines et le pain trempé dans l'huile à même la boîte, adieu la vie légère, adieu Ramón. Ah ! Il s'imagine bien la guerre que sa soeur fera à la pauvre créature ! Elle déteste les bêtes, ne les supporte qu'empaillées sur des étagères.Le vieux a retrouvé la peur qu'il croyait avoir laissée loin derrière lui. Elle ressemble comme deux gouttes d'eau à la terreur de la jeunesse, pendant la guerre, du temps de la servitude des camps. La jeunesse a disparu mais pas la peur, elle est là, dépouillée de ses fantasmes, une vulgaire pétoche de vieillard auquel on veut remettre le carcan.Le vieux se cabre. Non, il échappera !
    À tous les diables la Nuria, ses savates éculées et son ragoût de pois chiches ! Ce n'est pas sa vie qu'il défend, c'est sa liberté.
    Sa liberté a un oeil cerclé de noir et un sourire miraculeux.
    Sa liberté s'appelle Ramón."

    Avis de l'atelier-lecture de la Tertulia :

     Medianoche et Mediodia, deux jumeaux, vivent dans un petit village d’Extremadure quand éclate la guerre civile. En 1938, Mediodia le bon vivant se fait arrêter et fusiller avec toute la jeunesse républicaine du village, il n’a pas 18 ans ! Son frère jumeau, le héros du livre, a la chance de s’en sortir, momentanément, car il était chez le maréchal ferrant pour la mule. Il se cache quelques mois dans la montagne mais dès qu’il redescend au Pueblo il est pris à son tour et fera le tour des camps de travaux forcés du pays jusqu’en 1948 où il sera libéré. Toute sa vie sera habitée par la présence de son frère jumeau, cette moitié de lui-même qui lui manque tant ! Aujourd’hui il vit seul avec son chien et voilà qu’il décide de revenir au pueblo de sa jeunesse, à l’endroit où a commencé son malheur !...Il voyage dans une Extremadure qu’il ne reconnait plus dans ses paysages, à la recherche d’anciens lieux, d’anciens visages (amis ou ennemis, se demande-t-il en les voyant), il nous explique l’histoire côté Rouge, bien entendu :

     La position stratégique de l’Extremadure divisée en deux avec la poche de la Serena et de la Siberia qui résistèrent jusqu’au bout.

     La haine historique des communistes envers les anarchistes.

     La « vérité » que l’on ne connaitra jamais sur la mort du leader anarchiste mythique Buenaventura Durutti.

     La terrible désillusion à la libération de la France, une fois le nazisme renversé : après Paris, Berlin, il y avait Madrid !

     Negrin, « Le Planqué », chef du gouvernement espagnol en exil, luxueusement installé à Paris.

     Le massacre de Badajoz les 14 et 15 juillet 1936 par le général Yagüe «  le boucher de Badajoz », 4000 personnes, hommes, femmes et enfants massacrés en deux jours dans les arènes.

    Et puis dans ce roman, on nous parle aussi des artistes espagnols :

     Le philosophe Unamuno à Salamanca défiant la Phalange et à qui le chef de celle-ci dit : « Muerte a la inteligencia ! Viva la muerte ! » le 12 octobre 1936 dans le temple de l’intelligence, l’Université de Salamanca.

     Le poète Garcia-Lorca assassiné à Grenade : » On lui a mis deux balles dans le cul à ce pédé ! »

    On n’oublie pas les grands peintres espagnols et dans une scène particulièrement réussie du livre (il s’agit de la visite du musée du Prado) Medianoche, avec sa liberté tout juste retrouvée à Madrid, découvre à sa façon très personnelle, très imprégnée du passé dont il ne parvient pas à se défaire, découvre donc Zurbaran, le Greco, Goya…. On apprend aussi que le directeur du musée du Prado nommé pendant la République était un certain Pablo Picasso. Le livre se termine, Medianoche peut partir. Le passé n’existe plus, avec le village il a été englouti par les eaux du Guadiana. Un nouveau décor est planté : un lac (comme un bleu linceul), de nouveaux personnages, des maisons neuves, un bar…..la vie continue !!! Marie-Lou

     

     Miguel, un vieil homme, quitte sa maison, fuyant l’arrivée redoutée de sa sœur, pour rejoindre la région où il est né : l’Extremadura, en compagnie de son chien son ami et confident : Ramón. Revenu dans son pays englouti par les eaux d’un barrage, des pans entiers de sa jeunesse surgissent. Dans un style agréable à lire, Carine Fernandez revient sur les années les plus noires qu’ait connu l’Espagne, tout en nous faisant vivre le voyage intérieur de Miguel qui peut enfin se libérer du passé. Maria

     

     Medianoche, en fuyant l’arrivée de sa sœur qui promet de troubler la torpeur et le confort qu’il s’était ménagé depuis la mort de sa femme, entreprend un retour vers le passé accompagné de son chien Ramón. Cet animal auquel il est très attaché lui permet de supporter son isolement.

    Il entreprend alors un voyage en Estrémadure, sa région d’origine où il a vécu les années de la guerre et où son frère a été assassiné par les nationalistes après une rafle dans le village. Depuis, il porte en lui la culpabilité du survivant.

    Son séjour dans le village reconstruit près des ruines du premier englouti sous le lac de barrage créé par Franco, lui permet de réfléchir à son passé, de l’accepter et de regarder enfin le présent. Ce roman parle avec justesse et clarté de l’amitié qui rend supportable toutes les souffrances, de l’amour rendu impossible par la conscience d’appartenir à des classes sociales différentes, de l’Espagne franquiste puis de l’Espagne actuelle où les descendants de ceux qui se sont affrontés cohabitent maintenant et font évoluer ce pays devenu bien différent jusque dans ses paysages. Françoise H.

     

     Miguel, alias Medianoche, est un vieux retraité à la gueule tordue, qui vit seul avec son chien dans une cité ouvrière de Madrid où il a passé quarante ans. Une lettre de sa sœur, l’avisant que devenue veuve elle souhaite venir habiter avec lui, le pousse à fuir et à entreprendre un voyage en Estrémadure pour y retrouver son village natal. Mais, là-bas, rien ne ressemble à ce qu’il a connu, son village est enfoui sous les eaux d’un grand lac, et même la végétation n’est plus la même. Il séjourne donc dans un autre village : Castilblanco. Ce voyage réel s’accompagne aussi d’un cheminement intérieur poignant et douloureux, un retour sur son adolescence où il était inséparable de son frère jumeau : Mediodia, arrêté et fusillé à presque dix-huit ans par les nationalistes sous le prétexte d’avoir vandalisé une église. Cette mort dramatique va hanter Medianoche toute sa vie. Même s’il n’était pas présent au moment des faits, il sera arrêté et fera comme il dit : « du tourisme carcéral », notamment dans le terrible camp de Castuera en Estrémadure. Il y connaîtra une magnifique amitié et enfin libéré ira à Madrid où il rencontrera un bel amour qu’il refusera, enfermé dans sa condition sociale. J’ai beaucoup aimé ce livre. Le personnage de Miguel, marqué par la culpabilité du survivant est très émouvant. La guerre d’Espagne avec ses atrocités, ses vies brisées, ses disparus y est largement évoquée, bien qu’après sa fin elle ait provoqué dans le pays une amnésie générale ou citée seulement sous le mot « aquella ». L’écriture est parfois rude mais aussi savoureuse (cf : la visite du musée du Prado), et aussi très évocatrice : on voit, on ressent l’Estrémadure. Ce roman a été un vrai plaisir de lecture. Martine


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    Inés de mon âme

    Inés del ama mía

    Isabel Allende 

     

     

    Présentation de l'éditeur

    L'auteur : Née en 1942, fille de diplomate, Isabel Allende est la nièce du président chilien Salvador Allende. Journaliste, elle travaille à partir de 1964 sur des documentaires, des shows télévisés et dans un magazine féminin. A partir de 1971, elle se met à écrire des pièces de théâtre. En 1975, fuyant la dictature de Pinochet, elle s'exile avec son mari et ses enfants au Venezuela. Elle y travaille pour la télévision, écrit des chroniques pour le quotidien d'information El Nacional, mais aussi des contes pour enfants. Elle se lance finalement dans le roman en 1982 avec La Maison aux esprits, qui connaît un succès immédiat. Elle vit aujourd'hui en Californie. Ses romans sont tous traduits dans une trentaine de langues et vendus à des millions d'exemplaires.

    Le livre : Inés Suarez est une héroïne au destin extraordinaire et peu connu. Au milieu du XVIe siècle, cette jeune et belle couturière participe à la conquête du royaume du Chili. Embarquée pour le Nouveau Monde sur les traces de son mari parti chercher fortune de l'autre côté de l'Atlantique, elle apprend sa mort en accostant au Pérou après une traversée mouvementée. Une nouvelle vie commence : Inés se joint à une troupe de conquistadores en route pour le Chili. Dans ce roman épique, l'amour accorde une trêve à la violence d'une époque historique tourmentée. Après Fille du destin et Portrait sépia, un nouveau grand roman d'Isabel Allende.

    Documentation sur les personnages ayant réellement existés :

    "Inés de Suárez ou Inés Suárez (Plasencia, Estrémadure, Espagne, 1507 - Chili, 1580) est une "conquistadora" du Chili qui a participé à la fondation de l'actuelle ville de Santiago du Chili (alors appelée Santiago de la Nueva Extremadura).

    Née en Espagne, à Plasencia en Estrémadure, en 1507, Inés de Suárez est élevée par son grand-père ébéniste, appartenant à la confrérie de la Veracruz, et par sa mère, une couturière de condition modeste.

    En 1526, à l'âge de 19 ans, elle épouse en premier mariage Juan de Málaga, un aventurier passionnée par la conquête des Amériques. Peu de temps après leur mariage, son époux fait rapidement la traversée pour le nouveau continent où il demeure presque dix ans sans envoyer de nouvelles. Malgré cette disparition, Inès doit patiemment attendre jusqu'en 1537, date à laquelle elle obtient une licence pour voyager en Amérique à la recherche de son mari. Elle découvre alors qu'il a été tué lors de la Bataille de Las Salinas.

    Se retrouvant veuve, elle reçoit en compensation de la mort de son mari quelques terres à Cuzco, au Pérou. C'est à cette époque qu'elle rencontre Pedro de Valdivia, avec qui elle entame une intense relation qui les conduiront à devenir amants.

    Quand, vers la fin de 1539, Pedro de Valdivia prépare son expédition au Chili, Inès n'hésite pas à l'accompagner et demande l'autorisation à l'explorateur Francisco Pizarro. Inés voyage en tant que servante de Pedro pour ne pas scandaliser l'Église qui n'aurait jamais accepté le couple illégitime. Dès les premiers instants du périple, elle gagne le respect et l'estime de l'ensemble des membres de l'expédition. Selon Tomás Thayer Ojeda, elle est « une femme extraordinairement décidée et loyale, discrète, sensée et généreuse, et était très estimée par les conquistadores ».

    Après onze mois de voyage (décembre 1540), les membres de l'expédition arrivent dans la vallée du fleuve Mapocho, où ils fondèrent la capitale du territoire qu'ils nomment Santiago de la Nueva Extremadura. Cette vallée, habitée par le peuple des Mapuches, est vaste, fertile et riche en eau potable. Toutefois, face à l'hostilité des habitants des lieux, les Mapuches, les fondations de la ville sont établies entre deux collines, afin de faciliter les positions défensives, en comptant sur le fleuve Mapocho comme barrière naturelle."

    Pedro Gutiérrez de Valdivia (né le 17 avril 1497 à Villanueva de la Serena (Villanueva de la Serena est une ville espagnole située en Estrémadure dans la province de Badajoz.), mort le 25 décembre 1553 au Chili) était un conquistador espagnol parti en Amérique du Sud, devenu un des lieutenants de Pizarro, le conquérant du Pérou.

     

    Francisco Pizarro González, marqués de los Atabillos (également appelé François Pizarre en français), né à Trujillo (commune de la province de Cáceres) dans la communauté autonome d'Estrémadure) en Espagne le 16 mars 1475[réf. nécessaire]2 et assassiné à Lima le 26 juin 1541, fut un conquistador espagnol. Il conquit l'Empire inca et fut aussi gouverneur de l'actuel Pérou (Nueva Castilla).

    Avis : "Ce roman historique est passionnant. En nous attachant à l'héroïne, il  décrit avec détails la conquête du Chili par une armée composée de nombreux esclaves indiens et africains dans une nature souvent hostile avec le franchissement de la cordillère et la traversée du désert d'Atacama". Françoise H

     


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  • Beatriz...

    une vie comme un roncier d'Amour

    Catherine Berenguer Joly

    2017

    Présentation de l'éditeur :

    L'auteur : Retraitée de l'enseignement, Catherine Berenguer Joly aime l'écriture qui est pour elle "le chemin de la délivrance et de la liberté intérieure". Membre de la "Société des poètes français", elle a édité plusieurs recueils de poèmes, un livre de nouvelles et un livre d'Histoire : "Pujols le Haut, village d'Occitanie"

    Le livre : Le thème de ce livre ? L'histoire d'une famille qui quitte l'Espagne franquiste en 1953, l'auteur raconte les joies et les déboires de cette famille avant et après l'arrivée en France et comment leur petite fille peut s'intégrer grâce à l'ouverture d'esprit, à l'humanisme et à la générosité de l'école publique française.... C'est aussi le chemin de l'évolution, envers et contre tout, d'une petite fille nourrie de l'amour de sa mère. C'est une écriture optimiste et courageuse qui évite la pleurnicherie et le misérabilisme !!

    ________________________

    Avis de l'Atelier-lecture de la Tertulia :

    "En nous contant l'histoire de Marie petite espagnole devenue française après son exil en France à l'âge de treize ans, l'auteur, avec une grande sensibilité dévoile comment s'est construit la personnalité d'une femme courageuse, généreuse, profondément humaine, ouverte sur le monde et la connaissance. 

     Elle rend hommage aux mères qui, comme Béatriz  par leur soutien et leur amour protègent et aident leurs enfants à surmonter des drames comme la violence et l'exil pour se forger un avenir meilleur que le leur.

     Par sa reconnaissance envers l'école, elle rend aussi hommage aux enseignants qui par leur humanité ont su encourager Marie comme tant d'autres enfants de familles immigrées modestes afin de leur permettre de poursuivre des études.

     Chaque descendant de famille exilée se reconnaîtra  dans ce récit avec cette difficile adaptation à une nouvelle vie, un nouveau climat, une nouvelle langue, d'autres mentalités. C'est aussi un message d'espoir pour les enfants qui continuent d'arriver chez nous, puissent-ils trouver un accueil digne et une nouvelle chance.

     Ce livre est une véritable leçon de vie." Françoise H

     


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  • La peau du tambour

    La piel del tambor

    Arturo Perez-Reverte

    L'auteur :

    Né en Espagne en 1951, Arturo Pérez-Reverte a été reporter et correspondant de guerre. Il est membre de la Real Academia Espanola de las Letras. La plupart de ses romans sont disponibles en Points.

    Présentation de l'éditeur :

    L'église Notre-Dame-des-Larmes de Séville suscite passions et convoitises. Quand des crimes y sont commis, Lorenzo Quart est missionné par le Vatican. Croisant une belle aristocrate andalouse, un banquier épris de spéculation, des malfrats chargés d'espionner un agent secret... il découvrira que la clé de l'énigme est enfouie sous les vieilles pierres de la ville autant que dans l'âme de ses habitants. 

    Lire un extrait en espagnol :http://www.perezreverte.com/upload/ficheros/libros/201002/piel_tambor.pdf

    Avis de l'Atelier-lecture de la Tertulia :

    Roman que j’ai bien aimé car on y découvre comment est gouverné le Vatican ainsi que ses agents secrets. Un hacker essaie de rentrer dans le service du Vatican pour dénoncer la destruction d’une petite chapelle à Séville. On retrouve dans ce livre l’atmosphère de la ville, ses rues, sa cathédrale. Ce roman est un plaidoyer pour la laïcité. A leur façon les deux prêtres prônent la tolérance. La fin est assez cocasse. Marie-Jo

    Le personnage du prêtre de la petite église est exceptionnel. Danièle

    J'ai lu ce roman dès sa parution en 1995. Il m'avait passionnée comme tous les livres de cet auteur. En effet Arturo Perez-Reverte écrit sur toutes sortes de sujets historiques ou d'actualité toujours bien documentés (sans doute grâce à sa formation de journaliste) tout en rendant les personnages vivants et attachants. Françoise H

     

     

     


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    SANTA EVITA

     
    Tomás Eloy MARTÍNEZ

    L'auteur :

    Né en 1934, Tomás Eloy Martínez est notamment l'auteur de deux romans considérés comme des classiques de la littérature argentine contemporaine : Santa Evita et Le Roman de Perón. Installé aux États-Unis, il a enseigné à l'université du Maryland, puis a dirigé le programme d'études latino-américaines de l'université Rutgers, ou il a enseigné de 1995 jusqu'à sa mort, survenue à Buenos Aires, en janvier 2010.

    Présentation de l'éditeur :

    « Il faut interdire ce roman, ou le lire toute affaire cessante. » Mario Vargas Llosa

    L'écrivain argentin Tomás Eloy Martínez fait ici le roman de la vie mouvementée d'Evita Perón (1919-1952), l'épouse et l'égérie du général Perón qui régna littéralement sur l'Argentine de 1946 à 1955 avant de revenir au pouvoir en 1973-1974. À travers une course-poursuite épique autant que tragi-comique en quête du cadavre embaumé de son héroïne, l'auteur, mêlant ragots, histoire et légende, trace un portrait sulfureux de celle qui fut une première dame populiste mais adorée par les « sans chemises » de son pays, dont elle se fit l'ardent défenseur tout au long de sa brève existence.

    Avis de l'Atelier-lecture de la Tertulia :

    «Santa Evita», c’est le roman de la vie d’Eva Perón mais c’est surtout l’épopée tragi-comique et même quasiment surréaliste de son cadavre embaumé.
    Forte et paradoxale personnalité, Eva Perón, fille illégitime d’origine très modeste, part très jeune à Buenos Aires (15 ans), s’initie au métier de comédienne et acquiert un certain renom au théâtre, au cinéma et surtout à la radio. En 1943, elle fut l’un des fondateurs de l’ARA (syndicat des travailleurs de la radiodiffusion), dont elle fut élue présidente l’année suivante. En 1944, elle fit la rencontre de Juan Perón, alors secrétaire d’état du gouvernement au pouvoir issu d’un coup d’état, et elle l’épousa en octobre de la même année. Ses origines modestes et sa carrière professionnelle firent qu’elle ne fut jamais acceptée par la « bonne société » de l’époque. Elle en gardera une idée de vengeance.
    Elle œuvra en faveur du droit de vote des femmes et en obtint l’adoption légale en 1947. Elle lutta ensuite pour l’égalité juridique des conjoints, ce qui fut mis en œuvre dans la constitution en 1949. La même année, elle fonda le parti péroniste féminin qu’elle devait présider jusqu’à sa mort. Elle déploya une ample activité sociale qui visait à soulager la misère des « Descamisados ». Sa fondation « Eva Perón » fit construire des hôpitaux, des asiles, des écoles, favorisa le tourisme social par la création de colonies de vacances, promut la pratique du sport, accorda des bourses et des aides au logement.
    Elle était adorée du peuple. Dans ses discours, elle jouait sur l’émotion, elle donnait du péronisme une image généreuse, humaine et œuvrait toujours dans le cadre de ce parti. Elle mettait toujours en avant son mari et sa création du parti féminin péroniste permit de mobiliser un réservoir d’électorat pour son parti. Elle fut donc, l’orchestrateur du culte de la personnalité de Juan Perón et prit part à ses campagnes électorales. Elle entretint des rapports étroits avec le syndicalisme.
    On a donc une femme énergique, sociale mais aussi populiste et manipulatrice, à qui le peuple vouait un véritable culte.
    Donc, lorsqu‘elle mourut d’un cancer en 1952, son mari fit embaumer son corps puis celui-ci reposa dans une pièce d’un bâtiment syndical. Mais lorsque Juan Perón fut renversé, le nouveau parti au pouvoir décida de faire disparaître le cadavre d’Eva car il ne fallait surtout pas qu’il reposât dans une tombe qui aurait pu devenir un lieu de culte et le symbole du péronisme. Et c’est là que commence l’histoire de son cadavre qui connaîtra 20 ans de pérégrinations avant de reposer dans le cimetière de la Récolta à Buenos Aires. (C’est d’ailleurs la tombe qui est toujours fleurie actuellement).
    Son cercueil passera des jours dans un camion qui se déplaçait dans la ville, dans le bureau du colonel des services secrets chargé de s’en occuper, dans une chambre de la maison d’un officier supérieur de l’armée, derrière l’écran d’un cinéma puis partira en Italie, en Espagne etc…Il obsédera jusqu’à la fin de leur vie et jusqu’à la folie deux officiers des services secrets….
    L’avis :
    C’est un roman captivant qui est à la fois une biographie, un document historique, un thriller et un reportage. C’est le roman argentin le plus traduit dans le monde. Il est bien écrit et surtout très bien construit. Il m’a procuré un grand plaisir de lecture, beaucoup d’étonnement face à l’histoire mouvementée de ce cercueil et aussi face aux personnalités qui en avaient la charge. L’Argentine comme si vous y étiez !!!! (Martine)

    Je termine à l’instant les 572 pages qui composent ce livre….. Sans mon envie pressante de mieux connaître le personnage d’Eva Peron, je n’aurais certainement jamais eu le courage de me lancer dans une telle entreprise !!! Que dire ? Tout simplement, j’ai la bouche amère et le sentiment diffus du rendez-vous manqué. En effet, après la diffusion sur Arte du film « Lettre pour Eva » d’Agusti Villaronga je me délectais du comportement de cette égérie qui transgresse tous les protocoles, qui bouscule à la hussarde tous les rituels, et qui provoque tous les interdits. Dans cette Espagne figée, recroquevillée sur des mœurs révolus, à la remorque des traditions religieuses et ancestrales, au fascisme arrogant, flamboyant et cruel, elle incarne le renouveau. Tel un tourbillon de fraîcheur, elle entraîne dans son sillage un mouvement de lumière opposé à l’obscurantisme ambiant. Ses confrontations avec Carmen Polo Martinez Valdes, femme de Franco, ultra conservatrice, surnommée la dictatrice du dictateur, au regard glacial et ténébreux, valaient leur pesant d’or….je buvais pour ma part du petit lait car ce Zorro féminin aiguisait en moi un désir de revanche inassouvi. Et, apothéose inespérée, bien que cette séquence soit une fiction, Eva sauve de la mort une républicaine promise au peloton d’exécution. Il n’en fallait pas plus pour alimenter mes fantasmes de victoire et de liberté. Je n’aurai pas dû voir le film puis lire ce livre. Le charme est rompu. Tel un buvard, la réalité absorbe le rêve.

    Je trouve ce roman, en toute modestie, bien écrit et j’admire le travail de traduction d’Eduardo Jimenez en tout point remarquable, cependant, je ne m’aventurerai pas à aller au très profond dans l’analyse. Ensuite, si l’on tient compte des hésitations de l’auteur sur l’exactitude des dates proposées ainsi que sue la valeur approximative des témoignages, cette histoire n’a pas à franchement parler une rigueur historique absolue. Il me semble donc que sa lecture suppose au départ l’immersion dans un monde imaginaire soi-disant dans un pays cartésien. Par contre, je retrouve dans ce livre tous les mauvais ingrédients nécessaires à la naissance d’une idole puis à la construction d’un mythe. On suit les péripéties d’une femme à l’enfance difficile qui atteint les sommets de l’état, puis se moule dans les arcanes du pouvoir avec beaucoup de dextérité. Méfions-nous de la providence et encore plus des gens soi-disant providentiels, dont le corollaire débouche sur le culte de la personnalité avec son cortège d’injustices. Mais, me direz-vous, elle a dispensé autour d’elle beaucoup d’aides, encouragé la construction d’écoles, d’hôpitaux etc… Oui, d’accord, mais selon quels critères, selon quels principes, et surtout selon quelles humeurs !!!! Est-il sain et raisonnable de confier de tels pouvoirs de décisions au bon gré d’une seule personne ? ? On ne peut pas souscrire à cette façon de distribuer les aides à tous ces malheureux, selon les caprices du moment. D’ailleurs, page 323, on découvre les limites de cette politique. La tolérance et la mendicité en lieu et place du respect et du droit social forgent le nid du despotisme. Oui, décidément, j’aurais préféré que l’héroïne de ce roman reste à jamais le fruit de l’imagination de Tomas Eloy Martinez. (Maurice)

    Un essai sur le livre :https://etudesromanes.revues.org/1395

     

     

     


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    Solstice

    José Carlos Llop

    L'auteur :
    José Carlos Llop, né à Majorque en 1956, est l'auteur dé nombreux romans, récits et essais, et d'un journal dont cinq tomes ont déjà été publiés. Il a obtenu plusieurs prix, aussi bien en Espagne qu'en France. 

    Présentation de l'éditeur :
    Chaque été, une Simca cerise conduit la famille du narrateur sur une côte sauvage de Majorque. Alors commence les liturgies quotidiennes des vacances : les bains, les promenades en montagne, la présence biblique des chèvres, les lectures, l'observation des étoiles. Du souvenir de ces étés surgit la figure du père et un territoire vital pour l'univers de l'écrivain Llop.

    Avis de l'atelier-lecture :
    José Carlos Llop est né à Majorque en 1956. Il est l’auteur de nombreux romans, récits, essais et d’un journal de cinq tomes. Il a obtenu plusieurs prix aussi bien Espagne qu’en France.
    Le récit se situe en 1960 à Majorque. C’est l’été et comme tous les étés la famille Llop s’installe dans le pavillon de commandement près d’une caserne militaire, dans la partie la plus aride de l’île, à quelques km de Palma où ils vivent tout le reste de l’année. Comme dans « Le désert des Tartares » de Dino Buzatti, l’ennemi n’apparaîtra pas mais les canons sont pointés vers l’horizon. Le lieutenant-colonel est le père de l’auteur.
    C’était un autre monde : « Tous les étés étaient le même été. Toutes les mers étaient la même mer. Le temps était la totalité du temps. » Pour Llop ces vacances austères ramènent à l’épure de la condition humaine, à la joie simple de se sentir vivre. Même s’il s’agissait, cet été-là, des dernières vacances à Majorque avant l’arrivée des touristes, l’île est restée figée dans la mémoire de l’auteur, paradisiaque, porteuse d’un bonheur fondé sur l’affection toujours vive pour ses parents. Dans une interview, José Carlos Llop répond : « le paysage que je décris était primitif, sec, lumineux, avec la bible et l’Odyssée comme compagnie » ou encore : « Solstice raconte le regard d’un enfant dans sa découverte de la vie et du monde. »
    C’est un récit splendide, poétique qui traduit la grâce du souvenir et est traversé de références mythologiques et littéraires.  Jeanine

    Article de Sud-Ouest du 4 novembre 2016 : 

    Solstice - José Carlos Llop

     

     

     


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  • Codex 632

    Le secret de Christophe Colomb

    J. R. Do Santos

    L'auteur :
    Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20 h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l'un des plus grands auteurs européens de thrillers historiques, plusieurs fois primé. Cinq de ses ouvrages sont publiés en France : La Formule de Dieu (2012), traduit dans plus de 17 langues et en cours d'adaptation au cinéma, L'Ultime Secret du Christ (2013), La Clé de Salomon (2014) – suite de La Formule de Dieu –, Codex 632 (2015) et Furie divine (2016), tous parus chez HC Éditions.
    José Rodrigues dos Santos vit à Lisbonne

    Présentation de l'éditeur :
    Le professeur Toscano, chargé d'effectuer des recherches à l'université de Lisbonne sur la conquête du Nouveau Monde, est convaincu d'avoir mis au jour une vérité capitale. Une révélation si sensible qu'il a codé l'ensemble de son travail. Un acte paranoïaque peut-être, ou de prudence... car Toscano est retrouvé mort.
    Lorsque Tomás Noronha, jeune cryptologue, est appelé pour déchiffrer les notes du professeur, il est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer. De Lisbonne à Rio, New York ou Jérusalem, cette enquête le conduira sur les traces du mystérieux Codex 632, et sur la piste de la véritable identité de Christophe Colomb...

    " Ce roman est un puits d'informations sur Christophe Colomb et la période des Grandes Découvertes. " The Washington Post

    Avis de l'Atelier-lecture :
    "Tomas Noronha, historien portugais, est contacté par un Américain. Ce dernier est l’un des membres d’une société qui finançait les recherches d’un professeur subitement décédé alors qu’il travaillait sur les découvertes du Nouveau Monde. On lui propose, moyennant une importante somme d’argent, de mettre à jour les travaux non publiés du professeur décédé et si besoin de continuer ses recherches. En effet les origines et une grande partie de la vie de Christophe Colomb sont restées jusqu’à nos jours une véritable énigme.
    Bien que roman, ce livre, basé sur documents réels, est très intéressant. A-t-on pour autant résolu le mystère de Christophe Colomb ? Pas sûr…" 
    Josette

    L'auteur : José António Afonso Rodrigues dos Santos est né le 1er avril 1964 à Beira au Mozambique lorsque ce pays fait partie de l’empire portugais. Puis il déménage au Portugal et ensuite à Macao, alors colonie portugaise en Chine. C'est là qu'il entame sa carrière de journaliste avant de retourner au Portugal puis en Grande-Bretagne, en 1986, recruté par la BBC à Londres. Il est actuellement le présentateur phare du journal télévisé de 20h pour plusieurs chaînes de TV portugaises et l’auteur à succès de thrillers qui mêlent religion et physique.
    A partir de 1990, de retour au Portugal, il travaille alors pour la télévision publique portugaise et enseigne le journalisme à l'université de Lisbonne. En tant que reporter de guerre il a couvert les évènements dans plusieurs pays incluant l'Angola, le Timor oriental, l'Afrique du sud, le conflit israélo-palestinien, l'Irak, la Bosnie... Il est récompensé à maintes reprises pour ses reportages par CNN et le Press Club portugais.
    A partir de 2002, il commence à écrire des nouvelles pour un magazine littéraire. Son deuxième livre La fille du capitaine devient un des best-sellers de l'année 2004. Le succès depuis ne s'est pas démenti. Régulièrement depuis 2012, plébiscité par les lecteurs portugais, il est lauréat du prix du Reader's Digest. Après le succès de son opus La Formule de Dieu sorti en 2012, il publie L'ultime secret du Christ en 2013, La clé de Salomon en 2014 et Codex 632, le secret de Christophe Colomb en 2015, premier roman de la saga Tomás Noronha.
    L’avis : Quoi de plus alléchant juste avant la période des fêtes, où on lit peu, de trouver un livre au titre attirant et mystérieux, qui semble induire une lecture facile. Enfin le genre de livre que l’on prend, que l’on pose, que l’on reprend etc… Alors ce secret ? Eh bien, il n’a jamais été élucidé. Alors ce livre n’a aucun intérêt ? Justement si car il examine sous tous ses aspects le mystère de la réelle identité de Christophe Colomb et par-delà cette identité la « véritable » histoire de la découverte des Amériques. Et si l’histoire personnelle que vit le héros du roman est moyennement intéressante (elle n’est là que pour amener de la fiction, un fil conducteur), l’on suit avec un très grand intérêt ses investigations qui vont le mener de Lisbonne à Rio et de New-York à Jérusalem. Ce personnage, c’est Tomas Noronha, un jeune cryptologue, professeur à l’université de Lisbonne et qui dans sa quête va se heurter aux interrogations suivantes : pourquoi le nom de « Colomb » n’a -t-il jamais été trouvé dans les témoignages de l’époque, pourquoi un jeune génois d'origine modeste ne parlait-il ni italien, ni génois, mais un espagnol approximatif truffé de mots portugais, pourquoi cet homme a-t-il embarqué sur la Santa- Maria quelques heures avant l'avis d'expulsion des Juifs du Portugal ? Tomás se rend vite compte qu'un mystère en appelle un autre. Comment un jeune tisserand génois a -t-il pu épouser une femme de la noblesse portugaise ? Que dire de la signature cabalistique de Christophe Colomb ? Et l'Amérique n'était-elle pas déjà bien connue avant 1492 ? Comme un leurre utilisé par les Portugais pour éconduire les Espagnols... Christophe Colomb n'était-il pas un agent double œuvrant entre les deux plus grandes puissances de l'époque qui voulaient se partager le monde et enfouir la vérité ? Autant de questions posées par l'Histoire auxquelles les spécialistes n'ont jamais pu répondre... Alors au fil du roman on croise les Templiers, Michel Foucauld, Simon Wiesenthal, la Senhora héroïne du livre de Catherine Clément mais surtout on retrouve les personnages historiques portugais et espagnols de cette époque des découvertes qui n’a pas livré tous ses secrets : l'explorateur portugais Pedro Alvares Cabral qui a découvert le Brésil en 1500, l'a-t-il découvert par accident ou savait-il déjà qu'un pays devait se trouver là? L’auteur s’appuie sur des documents d’archives mais ne sont-ils que des copies ou des faux ? Finalement, ce livre, inégal, m’a apporté beaucoup plus d’intérêt que je ne l’avais imaginé et m’a amenée à me replonger dans les grandes voies de navigation de cette époque. Il m’a laissée aussi sur ma faim car j’aimerais avoir le point de vue d’un véritable historien sur la question. Donc à suivre…  Martine

     

     

     


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    La double vie de Jesús

    Enrique Serna

    L'auteur :

    Né en 1959, Enrique SERNA a fait des études de lettres. Scénariste, essayiste, chroniqueur, il connaît un vif succès au Mexique, son oeuvre est traduite en plusieurs langues et a été saluée par García Márquez. En France, trois romans ont été publiés : La Peur des bêtes (Phébus), Quand je serai roi et Coup de sang (prix Artaud). Enrique Serna vit au Mexique.

    Présentation de l'éditeur :

    La ville de Cuernavaca est une poudrière dont tous les niveaux ont été infiltrés par les narcotrafiquants. La vie quotidienne est ponctuée par les échanges de coups de feu, la découverte de cadavres décapités, les cartels se disputent la place. Comment un homme disposé à défendre ses convictions jusqu'au bout, à mettre en pratique ses idéaux de légalité et de justice, peut-il se battre sur ce terrain miné ? Jesús a su, malgré la corruption ambiante, se tenir à l'écart des factions qui utilisent le pouvoir à des fins personnelles. Et il pense qu'il peut accéder à la mairie. Il va se retrouver dos au mur, pris entre les pouvoirs institutionnels et le crime organisé : menaces de mort, tentatives de corruption, scandales médiatiques, enlèvements, vengeances sanglantes? Mais dans le même temps il découvre l'amour de sa vie, un amour interdit et scandaleux, fatal pour la réputation d'un homme politique. Avec un humour ravageur, cruel comme la réalité qu'il décrit avec un incroyable sens du suspense, Enrique Serna écrit un roman d'amour fou où la morale des apparences s'effondre devant l'ouragan de la passion.

    Avis de l'Atelier-lecture :

    "Voici un roman jubilatoire, à l’humour noir ravageur, au réalisme cruel, désespérant et dénonciateur d’une vie politique totalement corrompue et aux mains des cartels de la drogue. L’auteur dézingue le foutoir ravagé de cette classe politique ainsi que l’homophobie régnant dans le pays. De plus, c’est un thriller passionnant ainsi qu’une originale et belle histoire d’amour...

    Alors, cela commence ainsi. Des élections municipales vont se tenir dans la ville de Cuernavaca et un vertueux commissaire aux comptes, Jesùs Pastrana, est pressenti pour être le candidat de son parti. La justice et la légalité sont ses idéaux. Il est d’ailleurs surnommé »Le sacristain » pour sa rigueur morale et budgétaire. Alors Jesùs s’enflamme, fait campagne dans les quartiers pauvres dénonçant la corruption et la criminalité, devenant ainsi un personnage très gênant. Mais cet homme intègre va s’apercevoir très vite combien il est difficile de conserver sa droiture et va se retrouver bientôt le dos au mur piégé entre les pouvoirs institutionnels et le crime organisé qui ne le lâche pas. Sa situation va encore plus se compliquer quand il va rencontrer un soir de désespoir une magnifique jeune prostituée transexuelle dont il va tomber éperdument amoureux… C’est le genre d’amour interdit, scandaleux, fatal pout la réputation d’un homme politique. Alors….
    Superbe roman noir, réaliste, drôle, aux personnages hauts en couleur et au langage cru. L’auteur ne se cache pas derrière son petit doigt pour décrire une société ravagée par la criminalité, la corruption et l’intolérance. Magistral !"
    Martine

    "Au début ce livre ne me plaisait pas. Je l’ai trouvé long à démarrer et j’ai failli l’abandonner. Petit à petit je l’ai trouvé très intéressant et original et j’ai aimé le rapport qui unit le héros à une transsexuelle." Pierrette

    "Avec le parcours de Jésus (un homme aux convictions enracinées, commissaire aux comptes de la mairie de Cuernavaca au Mexique) qui veut en finir avec toute la corruption qui affaiblit le pays, l’auteur dresse un tableau effarant de la situation politique au Mexique (pays où la corruption règne en maîtresse absolue, où la direction du pays est dictée par des gangs, la ville de Cuernavaca est d’ailleurs citée comme une ville dangereuse, où le tourisme n’est pas encouragé). Lorsque Jésus tombe amoureux de Leslie (un transsexuel), les principes volent en éclats et l’auteur met en avant la complexité de l’existence quand il faut conjuguer passion et raison ; le choix de Leslie comme relation amoureuse accentuant le déchirement permanent de Jésus. C’est une histoire dense, riche, d’une grande qualité narrative où alternent des images fortes concernant les politiques véreux, les mafieux sordides et le questionnement permanent de Jésus où la raison ne peut annuler sa passion pour Leslie, ni ses souvenirs d’adolescent qui surgissent au fil des pages au travers de sa relation avec Gabriel."  Maria

    Anne-Marie Métaillé - Rentrée littéraire

    LA DOBLE VIDA DE JESÚS de Enrique Serna en la FIL (salon international du livre - Mexico 2015) 

     


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    L'empereur aux mille conquêtes

    Javier Moro

    L'auteur :

    Javier Moro est né en Espagne en 1955. Scénariste, il a vécu de longues années aux États-Unis ou il a collaboré avec des réalisateurs, parmi lesquels Ridley Scott.

    Présentation de l'éditeur :

    L'histoire vraie et rocambolesque de Pedro Ier, père fondateur du Brésil, par Javier Moro, maître du roman historique.

    Sous ses airs de mauvais garçon, le prince Pedro descend d'une longue lignée : les Bragance. Il a vécu à Lisbonne jusqu'à l'âge de huit ans, en 1807, date à laquelle les armées de Napoléon marchèrent sur la capitale portugaise et ou son père décida d'embarquer la Cour vers la principale colonie du royaume, le Brésil, pour sauver la monarchie. Pedro se souvient encore de cette nuit-là, tandis que les matelots chargeaient à la hâte les caisses sauvées de la débâcle – et qui, pour la plupart, resteraient à quai. Il revoit les membres de sa famille monter à bord du navire, sous le regard accusateur de la foule...
    Rio de Janeiro devint ainsi la capitale de l'empire portugais et, pour Pedro, le royaume de son enfance. Ce garçon qui n'aime rien tant que sa liberté, qui grandit comme un faune heureux entouré de serviteurs, de maîtresses et d'esclaves attentifs à ses moindres désirs, ne peut imaginer qu'un jour il sera appelé à devenir un héros. Pourtant, au côté de Léopoldine, sa femme, il changera non seulement le destin du Brésil mais aussi celui du Portugal, et fera de leurs deux peuples deux nations libres et modernes.

    Dans un roman à couper le souffle, digne des meilleurs scénarios hollywoodiens, Javier Moro raconte un personnage hors du commun 

     

    Avis de l'Atelier-lecture :

    "L’empereur aux mille conquêtes" de Javier Moro continue à faire la nôtre.

    Je suis passionnée par ce roman que je suis en train de lire !!!" Pierrette

    "C’est un livre formidable dans lequel on découvre la formation du Brésil ainsi que l’histoire de la famille de Bragance. Au moment de l’invasion napoléonienne, le roi du Portugal s’exile à Rio avec toute sa famille et la cour et son fils, Pedro, dont l’auteur nous raconte l’histoire, va devenir le premier empereur du Brésil. Cet homme à la personnalité extraordinaire va épouser la sœur de Marie Louise d’Autriche qui abandonnera son pays pour vivre et gouverner à ses côtés." Josette

    "Au travers de la vie de l’empereur Pedro Ier, j’ai découvert l’évolution du Brésil et de ses grandes mégapoles au 19ème siècle. L’histoire est ici, à partir de faits et de personnages réels, décrite de manière passionnante, ce qui permet de ne pas lâcher le livre avant d’en connaître le dénouement." Maria

     

     


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  •         L'imposteur - Javier Cercas

    L'imposteur

    Javier Cercas  

     

    L'auteur :

    Javier Cercas est né en 1962 à Caceres et enseigne la littérature à l'université de Gérone. Il est l'auteur de romans, de recueils de chroniques et de récits. Ses romans, traduits dans une trentaine de langues, ont tous connu un large succès international. Anatomie d'un instant a été consacré Livre de l'année 2009 par El Pais.
    Du même auteur, Actes Sud a publié : Les Soldats de Salamine (2002), À petites foulées (2004), À la vitesse de la lumière (2006), Anatomie d'un instant (2010), Les Lois de la frontière (2014) et L'Imposteur (2015).

    Quatrième de couverture :

    Icône nationale antifranquiste, symbole de l’anarcho-syndicalisme, emblème de la puissante association des parents d’élèves de Catalogne, président charismatique de l’Amicale de Mauthausen, qui pendant des décennies a porté la parole des survivants espagnols de l’Holocauste, Enric Marco s’est forgé l’image du valeureux combattant de toutes les guerres justes. En juin 2005, un jeune historien met au jour l’incroyable imposture : tel un nouvel Alonso Quijano, qui à cinquante ans réinvente sa vie pour devenir Don Quichotte, Enric Marco a bâti le plus stupéfiant des châteaux de cartes ; l’homme n’a jamais, en vérité, quitté la cohorte des résignés, prêts à tous les accommodements pour seulement survivre. L’Espagne d’affronter sa plus grande imposture, et Javier Cercas sa plus audacieuse création littéraire.
    L’Imposteur est en effet une remarquable réflexion sur le héros, sur l’histoire récente de l’Espagne et son amnésie collective, sur le business de la “mémoire historique”, sur le mensonge (forcément répréhensible, parfois nécessaire, voire salutaire ?), sur la fonction de la littérature et son inhérent narcissisme, sur la fiction qui sauve et la réalité qui tue.
    Si, à l’instar de Flaubert, Javier Cercas clame “Enric Marco, c’est moi !”, le tour de force de ce roman sans fiction saturé de fiction est de confondre un lecteur enferré dans ses propres paradoxes. Qui n’est pas Enric Marco, oscillant entre vérités et mensonges pour accepter les affres de la vie réelle ? À un degré certes moins flamboyant que celui de ce grand imposteur, chacun ne s’efforce-t-il pas de façonner sa légende personnelle ?

    Avis de l'Atelier-lecture de la Tertulia ::
    C’est un roman passionnant, très dense. L’auteur recherche la vérité non pas pour juger l’imposteur, mais pour comprendre ce personnage, victime de sa « médiamanie », qui, la cinquantaine venue, veut troquer une vie terne et triste pour quelque chose de plus flamboyant qui va faire de lui l’icône des journaux puis de toute une région et au final de tout un pays. Javier Cercas va donc entrer en contact avec Eric Marco peu après l’éclatement du scandale qui révèle à l’Espagne entière que cet homme brillant, président de l’Amicale des déportés de Mathausen, ancien leader du plus grand syndicat de gauche espagnol n’est en fait qu’un menteur fini qui a tout inventé. Alors, l’auteur, sans prendre parti, nous entraîne au plus près du personnage, des réalités politiques et sociales, des bouleversements que l’arrivée du franquisme et son installation définitive apportent dans la vie de tout un peuple. Qu’est-ce qu’un mensonge ? Qu’est-ce qu’un menteur ? Bien sûr, le personnage ne sera pas jugé, jugé pourquoi ? Il a seulement menti. Un mensonge colossal, de plus de cinquante ans… Je ne sais pas ce que vous en penserez mais le personnage est unique en son genre ; c’est le moins que l’on puisse dire !
    Extrait de « Télérama » à propos de ce livre : « Au-delà de l’enquête, Javier Cercas conduit une réflexion sur la littérature. Qu’est-ce qu’un romancier, quelle limite dresse-t-il entre la réalité et la fiction ? A Flossenburg, Cercas découvrira la preuve ultime. Et l’épilogue de ce livre formidable tonne comme une sanction définitive. (Gilles Heuré) »  Pierrette

    Le livre tourne dans l’atelier. Marie-Lou en a lu un tiers puis a stoppé sa lecture car elle n’a pas aimé le style ainsi que les trois points de vue évoqués. Berthe est en train de le lire mais n’accroche pas. Pierrette, qui l’a apprécié, explique qu’il ne faut pas perdre de vue que c’est un témoignage. L’auteur a voulu le prendre d’un point de vue détaché et a essayé de comprendre les mécanismes qui régissent le personnage. Jeanine lui oppose que ce personnage souffre d’une pathologie tant sa mégalomanie et sa mythomanie sont importantes. Ce à quoi Pierrette rétorque que nous manquons de sympathie pour lui qui a voulu être autre chose et qu’il faut l’excuser à cause de son enfance. C’est quelqu’un de très intelligent qui s’est donné les apparences d’une autre personne. Et une fois la tromperie commencée, il n’a pas pu s’arrêter. C’est un reniement de personnalité pour cet homme qui en changeant de cadre laissait tout derrière lui femme et enfants compris. A suivre…

     

     


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    Le gardien invisible

    Dolores Redondo

    L'auteur :
    Dolores Redondo est née en 1969 à San Sebastián.

    http://www.doloresredondo.com/biografia/

    Quatrième de couverture :

    Le cadavre d'une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène.

    Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l'oeuvre du basajaun, un être mythologique ?

    L'inspectrice Amaia Salazar, femme de tête en charge de l'enquête, se voit contrainte de revenir sur les lieux de son enfance qu'elle a tenté de fuir toute sa vie durant.

    Jonglant entre les techniques d'investigation scientifique modernes et les croyances populaires, Amaia Salazar devra mettre la main sur ce gardien invisible qui perturbe la vie paisible des habitants d'Elizondo.

    Avis de l'Atelier-lecture :
    "A Elizondo, petite bourgade navarraise, des jeunes filles sont retrouvées mortes au bord de la rivière. Ces meurtres commencent à être mis sur le compte d’un mythologique gardien de la forêt : le Basajaun. Alors, l’inspectrice Salazar est envoyée de Pampelune pour mener l’enquête et se retrouve ainsi dans la petite ville de son enfance confrontée à des croyances qu’elle rejette ainsi qu’à son histoire familiale qu’elle a fuie. C’est une personnalité complexe en butte au mépris d’une partie des hommes qui la dirige, à la méfiance de ses supérieurs et à l’hostilité d’une partie de sa famille. Elle donne de la chair de poule à ce roman qui se situe entre le roman noir familial, le roman de procédure et le thriller. L’auteur y instile, sans lourdeur l’épouvante et le fantastique et offre aux lecteurs un roman fascinant et original."  Françoise L.

    "Le meurtre d’une deuxième jeune fille vient de se dérouler dans le village d’Elizondo situé au fond d’une vallée encaissée du Baztan, vallée entourée d’immenses forêts, au Pays Basque espagnol. Le commissaire principal confie cette enquête à Amaïa Salazar originaire de ce village. Celle-ci retrouve sa famille qu’elle n’a pas vue depuis longtemps, notamment une tante qui l’a en grande partie élevée ainsi que ses deux sœurs. L’enquête se déroule dans des conditions difficiles pour Amaïa qui doit gérer les relations conflictuelles avec sa sœur aînée et affronter les superstitions tenaces des villageois. C’est un roman agréable à lire, les lieux sont bien dépeints, les personnages également, l’enquête bien menée est intéressante. Hélas, il m’a été impossible d’appréhender toutes les manifestations d’êtres mystérieux qui me paraissent surgir d’une autre époque." Josette

    L'interview de Dolores Redondo sur les lieux qu'elle évoque dans la Trilogie du Baztán

     

     

     

     


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    De chair et d'os

    Dolores Redondo

     

     

    L'auteur :

    Dolores Redondo est née en 1969 à San Sebastián. Après Le gardien invisible, elle signe avec De chair et d'os le deuxième volet de la trilogie du Baztán.

    http://www.doloresredondo.com/biografia/

    Quatrième de couverture :

    A travers le Pays basque, dans la vallée du Baztán, des églises sont profanées. Alors qu'elle vient de donner naissance à son enfant, l'inspectrice Amaia Salazar est chargée d'enquêter discrètement sur cette affaire. Avec son équipe, elle doit aussi s'occuper d'une série de crimes conjugaux qui ont tous en commun d'horribles mutilations. A chaque fois, le meurtrier s'est suicidé en laissant derrière lui une étrange inscription : Tarttalo. Pourquoi tous ces hommes laissent-ils ce même mot ? Que signifie-t-il ? Et pourquoi semble-t-il destiné à la jeune inspectrice ? La vallée du Baztán recèle encore de bien terribles secrets qu'Amaia devra affronter pour espérer enfin y vivre en paix...

    Avis de l'Atelier-lecture de la Tertulia :

    L’auteur : Dolores Redondo est née en 1969 à Saint Sébastien. A la suite d’études de droit, elle a travaillé dans le commerce pendant quelques années. Après « Le gardien invisible », elle signe avec ce roman le deuxième volet de la «  trilogie de Baztan », commune où se déroule l’intrigue.
    Le thème : A travers le pays basque, dans la vallée de Baztan, des églises sont profanées. Alors qu’elle vient de donner naissance à son enfant, l’inspectrice Amaia Salazar est chargée d’enquêter discrètement sur cette affaire. Avec son équipe, elle doit aussi s’occuper d’une série de crimes conjugaux qui ont tous en commun d’horribles mutilations. A chaque fois, le meurtrier s’est suicidé, laissant derrière lui une étrange inscription : «  tartallo ». Pourquoi tous ces hommes écrivent-ils ce même mot ? Que signifie-t-il ? Et pourquoi semble-t-il destiné à une jeune inspectrice ? La vallée du Baztan recèle encore de bien terribles secrets qu’Amaia devra approfondir enfin d’y vivre en paix. En conclusion, l’auteur excelle à entremêler une enquête contemporaine très prenante avec un cours magistral sur des pratiques séculaires ainsi que des apartés sur le quotidien de son héroïne.  Françoise L.

    Françoise L. nous a déjà présenté ce livre. Pour rappel : dans une région de pays basque espagnol (vallée du Baztàn) au climat pluvieux (rebutant en ce qui me concerne) et aux lieux inquiétants, une jeune inspectrice, qui vient de donner naissance à son enfant, enquête sur la profanation d’églises ainsi que sur une série de crimes conjugaux s’accompagnant de mutilations horribles rappelant des pratiques anciennes de sorcellerie locale.
    Le + du roman : c’est un policier intéressant qu’on ne lâche pas jusqu’à la fin et qui nous fait connaître une vallée mystérieuse, sauvage au sein de laquelle des croyances ancestrales sont encore très prégnantes. Sont évoqués aussi brièvement les Cagots : groupe d’habitants des Pyrénées françaises et espagnoles fortement discriminés et qui exerçaient les métiers du bois et fer car ces deux matériaux étaient censés ne pas transmettre la lèpre. A noter aussi la présence maléfique de la mère de l’héroïne qui ajoute à la noirceur du roman.
    Le - du roman : j’ai trouvé que la jeune inspectrice, héroïne du roman, était très autocentrée, pleurnicharde, injuste avec un mari aux petits soins. En outre, j’ai trouvé plutôt invraisemblable le fait de pouvoir abandonner son enquête à n’importe quel moment pour aller donner la tétée à son bébé. En conclusion la description complaisante des états d’âme de l’inspectrice m’a agacée. Quant aux superstitions et autres croyances échappant à toute raison, cela n’est pas du tout ma tasse de thé.   Martine

     

    Entrevue sous-titrée en français avec Dolores Redondo

      

     


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    Un amour fou

    Catherine Hermary Vieille

     

     

    L'auteur :

    CATHERINE HERMARY VIEILLE  a obtenu un certain nombre de récompenses littéraires pour ses romans et biographies, dont le Fémina 1981 pour "Le Grand Vizir de la Nuit", son premier roman.

    Quatrième de couverture
    « En 1509, à trente ans, Jeanne de Castille, fille d'Isabelle la Catholique et de Ferdinand d'Aragon, héritière du plus grand empire du monde, est enfermée dans la sombre citadelle de Tordesillas : elle y restera plus de quarante-six ans au secret absolu.
    Veuve de Philippe le Beau, souverain des Flandres, elle l'a aimé d'un amour fou. Qu'a fait Jeanne pour mériter ce châtiment, pourquoi son fils Charles Quint la surveille-t-il si étroitement ? Quel mystère plane sur le vieux château ?
    En tant qu'historienne et romancière, Catherine Hermary-Vieille s'est penchée sur le terrible destin de cette reine d'Espagne. Une multitude d'indices lui ont permis de donner une réponse à l'énigme de Tordesillas, un sens à cette existence de femme solitaire, amoureuse, abandonnée par son père, trompée par son mari et trahie par son fils dans ce siècle raffiné et violent »

    Commentaires :

    Quand commence ce roman historique, Les rois catholiques Isabelle et Ferdinand vont livrer la dernière bataille de la Reconquista contre les maures à Grenade dont ils vont s'approprier les magnifiques palais comme l'Alhambra avec l'Andalousie. Juana qui vient d'avoir 12 ans assiste aux préparatifs de la bataille.

    Ils ont 5 enfants. Isabelle la fille ainée a été mariée à l'héritier du trône portugais décédé depuis, Juan le seul garçon, est promis à Margot une princesse Habsbourg. Il décédera peu après son mariage et son enfant mourra lui aussi ainsi que l'enfant Isabelle l'ainée que l'on a remariée et qui mourra en couches.

    Juana, Jeanne la troisième enfant est destinée quant à elle à Philippe le Beau héritier du trône des Flandres. Si on pressentait pour elle le rôle d'une reine d'un royaume lointain, rien ne l'avait préparée à assumer la gouvernance de l'Espagne après le décès de ses aînés morts sans descendance et de ses parents. Or, ces responsabilités auxquelles elle a été mal préparée ne l'intéressent pas le moins du monde. Mariée très tôt à Philippe le beau elle en tombe éperdument amoureuse.
    Complètement étouffée par cet attachement à son mari qui la manipule, elle ne peut défendre en rien les intérêts de l'Espagne ce pour quoi le mariage avait été décidé par ses parents.
    Les intérêts de l'Espagne et des Flandres s'opposent dans ce début de 16ème siècle. L'or du nouveau monde attirent les convoitises des flamants...
    A cette époque, l'Europe est en pleine construction. Les pays veulent préserver leur territoires et si possible en gagner par le jeu d'alliances ou de guerres.
    Elle aura 6 enfants, le premier fils Charles deviendra Charles Quint, charles 1er pour l'Espagne.
    Son père, comme son fils ne lui feront aucune confiance et l'évinceront du pouvoir en prétextant sa maladie mentale pour l'enfermer à Tordesillas. La romancière a adopté l'une des hypothèses qui consiste à penser que Jeanne a empoisonné elle-même son mari.
    Pour l'anecdote, le couvent-forteresse n'existe plus, on peut voir quelques objets lui ayant appartenu dans le musée-couvent Santa Clara.
    Ce roman a été traduit en espagnol sous le titre Loca de amor

    Françoise H

     


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    Condor - Caryl Ferey

    Condor

    Caryl Férey

    2016

    Présentation de l'éditeur :

    "Condor, c'est l'histoire d'une enquête menée à tombeau ouvert dans les vastes étendues chiliennes. Une investigation qui commence dans les bas-fonds de Santiago submergés par la pauvreté et la drogue pour s'achever dans le désert minéral de (Atacama, avec comme arrière-plan l'exploitation illégale de sites protégés... Condor, c'est une plongée dans l'histoire du Chili. De la dictature répressive des années 1970 au retour d'une démocratie plombée par l'héritage politique et économique de Pinochet. Les démons chiliens ne semblent pas près de quitter la scène... Condor, c'est surtout une histoire d'amour entre Gabriela, jeune vidéaste mapuche habitée par la mystique de son peuple, et Esteban, avocat spécialisé dans les causes perdues, qui porte comme une croix d'être le fils d'une grande famille à la fortune controversée..."

      L'auteur :

    Caryl Férey vit à Paris. Après s'être aventuré en Nouvelle-Zélande avec sa " saga maorie " (Haka et Utu), en Afrique du Sud avec Zulu (récompensé entre autres par le Grand Prix de littérature policière en 2008 et adapté au cinéma en 2013) puis en Argentine avec Mapuche, il nous entraîne avec Condor dans une exploration sombre du Chili, dans une course-poursuite sanglante transfigurée par l'amour. Le nouveau roman de Caryl Férey nous fait voyager et frémir autant que réfléchir et nous rappelle, s'il le fallait, que l'auteur s'est imposé comme le maître du thriller des grands espaces et de l'ailleurs.

    Extrait :

    "Dès deux mille mètres, l'aridité est extrême dans le désert d'Atacama : dans la Vallée de la Lune, il ne tombe pas une goutte d'eau. Plaques fracturées, reliefs de plissements tectoniques d'une beauté muette, sauf les oiseaux au repos, chaque animal de passage ou égaré y est voué à une mort certaine. Ici les pierres parlent. Leur mémoire est lente, de l'infini minéral lissé par un vent multimillénaire – fossiles, brutes, chromatiques, sauvages ou neutres, elles racontent l'inénarrable du temps qui est et ne passe pas, ce pouls secret dont les chamanes atacamènes perpétuaient l'odyssée. Les pierres parlent, ou chantent quand, dévalant les sommets, le souffle gelé des Andes les polit en mordant l'éternité. Usures dynamiques, telluriques, primitives, c'est le vent qui dicte et façonne en architecte capricieux l'inclinaison du temps. Tout est immobile dans le grand désert du Nord, immanent. Les conquérants incas les avaient assujettis les premiers, mais on trouve encore les traces des premiers Atacamènes dans les peintures murales des grottes : dessins d'animaux, de mains plaquées selon la texture du pigment, autant de tentatives de survie pétrifiée dans la roche. Les pierres parlent et crient parfois : c'est dans ce désert que la dictature avait installé ses camps de concentration. Des centaines d'opposants politiques étaient emprisonnés dans des baraquements sommaires, souvent sans identification, plus sûrement assassinés et jetés dans les poubelles de l'Histoire. Des disparus, hommes et femmes que les militaires enterraient au petit bonheur d'un océan rocailleux, une balle dans la nuque en guise de linceul. Leurs squelettes s'étaient mêlés aux os des quatre mille Atacamènes tués par les Incas. Fraternité des barbelés. Mais le propre d'un disparu est de différer le deuil pour ses proches, jusqu'à l'hypothétique découverte du cadavre aimé… L'absence d'eau ralentissant la décomposition des os, on peut encore croiser de vieilles femmes errant à la recherche de leurs fils ou maris assassinés, grattant le sol pour en découvrir les tombes, retournant les pierres, quêtant les signes, de pauvres folles qui tous les jours arpentent un territoire de deux cent mille kilomètres carrés. Elizardo Muñez les croisait parfois, au hasard des hauts plateaux où il habitait depuis son retour, des femmes-saules penchées sur le destin de leurs disparus, ratissant la croûte terrestre comme si les os allaient en sortir. " Caryl Férey "Condor"

    Avis de l'Atelier-lecture de la Tertulia : 

     De cet auteur j’ai déjà lu « Zulu », livre que j’ai puissant, impressionnant et bouleversant, puis j’ai poursuivi avec « Mapuche » qui m’a plongée dans l’enfer de la dictature argentine. Le jour de la parution de « Condor », c’est sans aucune hésitation que j’ai acheté ce roman. L’histoire débute ainsi :
    Ă la Victoria, quartier d’une extrême pauvreté de Santiago du Chili envahi de drogues dures, le fils du directeur d’une radio locale est retrouvé mort. C’est le quatrième jeune à être retrouvé ainsi. Comme la police se moque de ces morts, commence alors une enquête menée par une équipe composée de Gabriela, jeune vidéaste d’origine mapuche et Esteban, fils à papa en rupture avec son milieu et avocat des causes perdues. Une magnifique histoire d’amour naîtra entre la jeune mapuche, héritière des traditions de ses origines et l’avocat chic et désespéré. D’autres personnages gravitent autour d’eux : Stefano, l’ancien soutien d’Allende qui s’est exilé puis est revenu au pays, le père Patricio, curé de cette paroisse déshéritée : deux personnages qui éclairent le livre chacun à leur manière. Après c’est la noirceur : des anciens de la DINA, police secrète de Pinochet : ceux-ci sont toujours aux manettes et même aux meilleures places : trafic de drogue, direction des ports, des usines grâce à la privatisation accélérée, exploitation des mines, mise en coupe réglée du sol et du sous-sol même dans les zones les plus protégées : on assiste là aux conséquences d’un néo-libéralisme débridé qui s’est abattu sur le pays dans les années 19710…
    Caryl Férey est un éternel voyageur qui parcourt les pays qu’il met en scène, tisse des liens intimes avec leurs populations, s’imprègne de leur passé et de leur histoire. Si quatre années séparent « Condor » de « Mapuche », c’est le temps qu’il a fallu à l’auteur pour approcher les gens, enquêter à la manière d’un journaliste, se fondre dans le Chili. De tout cela est né un roman passionnant qui plonge dans les ravages d’un terrible passé, qui explore les plaies encore ouvertes d’une nation dans laquelle ce passé est toujours présent. J’ai profondément aimé ce roman qui offre, en prime, un très beau passage poétique. Je pense qu’il peut être dédié à Victor Jara et Pablo Neruda. Lorsque je l’ai refermé, je n’ai eu qu’une envie : m’envoler vers le Chili….
    Voici ce qu’écrit Caryl Ferey à propos de son roman ( extraits) :
    « Ce roman « chilien » est à la fois cousin de « Mapuche » pour sa proximité historique et géographique, le couple amoureux qui s’y déploie envers et contre tous… et les thèmes qui me sont chers : fascisme ordinaire, néolibéralisme exacerbé, conditions des peuples autochtones, planète mise à mal par l’incurie de gouvernements clientélistes. « Condor » est aussi bien différent de mes autres livres « étrangers » : la violence y est moins brute (l’insécurité au Chili est sociale), le chaos plus psychologique…Il y a surtout un roman dans le roman, pierre angulaire du livre, explorant d’autres territoires du polar… »  Martine 

    Livre dur et passionnant. L’intrigue se déroule au Chili à l’époque actuelle. Le récit débute par la découverte du cadavre d’un jeune garçon, le 4ème en quelques jours, sur un tas d’ordures près des habitations des populations pauvres de Santiago. Une jeune Mapuche va se lancer à la recherche d’un avocat afin d’alerter les politiques et faire cesser ce carnage. Cet avocat « des causes perdues » comme il se présente lui-même, issu d’une riche famille qu’il méprise suite à la façon dont elle a acquis cette fortune, accepte d’enquêter. Trafics de drogue, corruption, appât de l’argent, violences extrêmes, Pinochet a de nombreux héritiers qui lui survivent actuellement au Chili. Josette

    "J'ai apprécié ce polar socio-politique mais un peu moins que le précédent (Mapuche). Il m'a semblé un peu caricatural avec des clichés qui laissent transparaître la nationalité française de son auteur. Par exemple, la consommation exclusive de "Pisco sour" et de "ceviche" des héros laisse supposer que la gastronomie locale se réduit à ces deux spécialités qui, si elles sont excellentes, sont loin d'être les seules. Cela sent un peu le guide touristique.

    Ce roman, s'il ne montre pas assez l'importance de la classe moyenne, a cependant le mérite de mettre un bémol à l'apparente réussite économico-démocratique du pays en montrant que les sociétés ultra-libérales de bon nombre de pays latino-américains sont surtout assujetties aux oligarchies locales confortées par le pouvoir de la finance internationale." Françoise H

    "Roman très fort et intéressant. C’est l’état du Chili actuel qui vit les conséquences du régime de Pinochet. Bien sûr, il y a une trame policière mais à travers elle on voit une misère effrayante dans les quartiers pauvres ainsi que les ravages de la drogue et la cruauté du monde des dealers." Marie-Jo

     

    La critique de l'Obs : http://bibliobs.nouvelobs.com/polar/20160401.OBS7693/condor-chili-con-ferey.html

    Entretien avec Caryl Férey : http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Entretien-Caryl-Ferey.-Condor

     

     

     


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