• Atelier-lecture

    Depuis le 25 septembre 2014, La Tertulia s'est enrichie d'un atelier-lecture, les livres dont nous discutons sont mentionnés dans les comptes-rendus de cette rubrique et certains font l'objet d'un article dans la partie livres de ce blog (cliquer ici pour y accéder).

    L'atelier-lecture de la Tertulia a pour but de réunir tous les membres de l'association qui aiment lire pour leur permettre d'échanger sur leurs coups de cœur, leurs émotions, leurs opinions et leur plaisir en toute convivialité (sur la littérature en rapport avec le monde hispanique).

    Atelier-lecture

    LIVRES EN FRANCAIS EN CIRCULATION (certains font déjà l'objet d'un article, cliquer sur le titre souligné pour y accéder)

    Liste mise à jour et enrichie de liens régulièrement

    La prochaine rencontre aura lieu le 22 novembre 2018 chez Pierrette. Si vous êtes intéressés, laissez un commentaire avec vos coordonnées ou contactez-nous par courriel pour connaître l'adresse : assoc.tertulia@hotmail.fr

    Titre

    Auteur

     

    Titre

    Auteur

    Adios Hemingway

    Amour, Prozac et autres curiosités

    Avril rouge

    Batailles de chat

    ça aussi ça passera

    Cádiz ou la diagonale du fou

    Ce que cache ton nom

    Cent ans de solitude

    Codex 632-Le secret de C.Colomb

    Coltan 

    Condor

    Confiteor

    D'amour et d'ombre

    Dans la grande nuit des temps

    De chair et d'os

    Demain à Sainte Cécile

    Derrière les portes closes

    Dora Maar

    Empereurs des ténèbres

    En fugue

    Frida

    Hérétiques

    Hombres buenos

    Immortelle randonnée

    Intempérie

    Journal d'un enlèvement

    L'appât

    L'empereur aux mille conquêtes

    L'espionne deTanger

    L'homme qui aimaient les chiens

    L'imposteur

    L'ombre de l'eunuque

    La capitana

    La cathédrale de la mer

    La couturière (Brésil)

    La double vie de Jesus

    La fête au bouc

    La garçonnière

    La maison des chagrins

    La patience du franc tireur

    La peau du tambour

    La puissance des mouches

    La reine du sud 

    La senora

    Leonardo Padura

    Lucía Etxebarria

    Santiago Roncagliolo

    Eduardo Mendoza

    Milena Busquets

    Arturo Pérez reverte

    Clara Sánchez

    G Garcia Marquez

    JR Dos Santos

    A Vasquez Figueroa

    Carryl Ferrey

    Jaume Cabre

    Isabel Allende

    Antonio Muñoz Molina

    Dolores Redondo

    Maria Dueñas

    Care Santos

    Alicia Dujovne Ortiz

    Ignacio del vaĺle

    William Navarrete

    Hayden HERRERA

    Leonardo Padura

    Arturo Perez Reverte

    J. CH. Ruffin

    Jésus CARRASCO

    G García Marquez

    José Carlos Somoza

    Javier Moro

    Maria Duenas

    Leonardo Padura

    Javier Cercas

    Jaume Cabre

    Elsa Osorio

    Ildefonso Falcones

    Fr.de Pontes Peebles

    Enrique Serna

    M Vargas Llosa

    Hélène Gremillon

    Victor del Arbol

    Arturo Pérez Reverte

    Arturo Perez Reverte

    Lydie Salveyre

    Arturo Perez Reverte

    Catherine Clément

     

    La tristesse du samouraï

    La valse des millions

    La vie rêvée d'Ernesto G

    Le bourreau de Gaudi

    le cercle des douze

    Le cœur cousu

    Le gardien invisible

    Le huitième livre de Vésale

    Le hussard

    Le jour des abeilles

    Le palmier et l'étoile

    Le peintre des batailles

    Le ruban rouge

    Le sourire étrusque 

    Le tango des assassins

    Le voyage d'Octavio

    Les brumes du passé

    Les dénonciateurs

    Les fantômes de Goya

    Les réputations

    Les révoltés de Cordoue

    Les soldats de Salamine

    Les voix du Pamano

    Luz ou le temps sauvage

    Moi, Victoria, enfant volé...... 

    Mourir et puis sauter sur son cheval

    Pas pleurer

    Plus jamais ca

    Qui a tué Palomino Molero

    Santa Evita

    Solstice

    Tango

    The yankee comandante

    Toutes les vagues de l'océan

    Un amour fou

    Un hiver à Madrid

    Un testament espagnol

    Une dernière danse

    Une imposture

    Vents contraires

    Vents de carême

    Victor del Arbol

    William Navarette

    JM Guénassia

    Aro Sainz de la Maza

    Pablo de santis

    Carole Martinez

    Dolores Redondo

    Jordi Llobregat

    Arturo Perez Reverte

    Tomás Sanchez

    Leonardo Padura

    A Perez Reverte

    Carmen Posadas

    José Luis Sampedro

    Maud Tabachnik

    Miguel Bonnefoy

    Leonardo Padura

    Juan G Vasquez

    J.C. Carrière

    Juan G Vasquez

    Ildefonso falcones

    Javier Cercas

    Jaume Cabre

    Elsa Osoria

    Victoria Donda

    David Bosc

    Lydie Salveyre

    Trapiello

    M Vargas Llosa

    Tomás Eloy Martínez

    José Carlos Llop

    Elsa Osorio

    David Grann

    Victor del Arbol

    Cath.Hermary-Vieille

    C.J. Sansom

    Arthur Koestler

    Victoria Hislop

    Juan Manuel de Prada

    Almudena Grandes

    Leonardo Padura

    LISTE DES LIVRES EN ESPAGNOL A EMPRUNTER EN CIRCULATION A LA TERTULIA 

    1

    Albert Espinoza

    Si tú me dices ven lo dejo todo.... pero dime ven...

    2

    Almudena Grandes

    Ines y la Alegría

    3

    Almudena Grandes

    El corazón helado

    4

    Almudena Grandes

    Castillos de cartón

    5

    Angela Becerra

    El penúltimo sueño

    6

    Antonio Skármeta

    La chica del trombón

    7

    Arturo Perez reverte

    Hombres buenos

    8

    Arturo Perez reverte

    El tango de la guadia vieja

    9

    Arturo Perez reverte

    La carta esférica

    10

    Carlos Ruiz Zafón

    La sombra del viento

    11

    Carlos Ruiz Zafón

    Marina

    12

    Clara Rojas

    Cautiva

    13

    Dolores Redondo

    Todo esto te daré

    14

    Dulce Chacón

    La voz dormida

    15

    Federico Moccia

    Perdona pero quiero casarme contigo

    16

    Gabriel García Marquez

    Cien años de soledad

    17

    Gabriel García Marquez

    La increible y triste historia de la cándida Eréndira y de su abuela desalmada

    18

    Isabel Allende

    La isla bajo el mar

    19

    Isabel Allende

    El zorro

    20

    Isabel Allende

    El reino del dragón de oro

    21

    Isabel Allende

    La ciudad d las bestias

    22

    Isabel Allende

    Los cuadernos de Maya

    23

    Isabel Allende

    Inés del alma mía

    24

    Javier Cercas

    Soldados de Salaminas

    25

    Javier Sierra

    La cena secreta

    26

    Jaume Cabré

     Viaje de invierno

    27

    Jerónimo Tristante

    El enigma de la calle Calabria

    28

    Juan Carlos Arce

    La noche desnuda

    29

    Manuel Rivas

    ¿Que me quieres, Amor ?

    30

    Maria Dueñas

    El tiempo entre costuras

    31

    Mario Mendoza

    Satanás

    32

    Mario Vargas Llosa

    La tía Julia y el escribidor

    33

    Mario Vargas Llosa

    Lituma en los Andes

    34

    Mario Vargas Llosa

    La ciudad de los perros

    35

    Victor Del Arbol

    La víspera de caso todo

  • Atelier de lecture du 20/06/2019

    Titre, chapitres, paragraphes, lignes, phrases, mots, caractères, lettres, ponctuation, 1ère et 4ème de couverture, impression, parution, traductions, auteurs, éditeurs (auteures et éditrices bien sûr), dédicaces, MAIS SURTOUT : idées, transmission, communication, intériorisation, échange, réflexion, apprentissage, découverte, évasion, imagination, ouverture, partage, plaisir, sérénité, bonheur… ALORS : contes, essais, nouvelles, BD, romans… POUR : souscrire à l’injonction de seulement 4 lettres qui forment un univers infini… DONC : LIRE !!!!!

    Jeudi 29 août nous ouvrirons une nouvelle saison de l’atelier lecture. Nous la ferons riche, d’ouvrages, d’échanges et de projets. Alors à vos pages, prêtes, lisez !

    « El beso de la muerte » Gilles Vincent

    L’avis de Jeanine : Août 1936 en Espagne, Garcia Lorca, accusé de sympathie républicaine est assassiné. Août 2011, à Marseille on découvre le corps calciné d’une femme, abandonné entre les rails. Entre ces deux morts s’écrivent les tragédies du 20ème siècle, les secrets d’état, les coulisses de la démocratie espagnole naissante et la passion dévorante d’une jeune femme pour l’ombre du poète. Entre ces deux âmes suppliciées un pacte étrange, lien au-delà du temps, va profondément bousculer la nouvelle enquête de la commissaire Aïcha Sadia… Gilles Vincent nous entraîne dans une histoire complexe sur trois époques des années 30 dans l’Espagne franquiste et sa guerre civile, aujourd’hui en France mais aussi de l’autre côté des Pyrénées où les fantômes du passé ressurgissent et tuent encore. Il entremêle ses histoires, ses personnages avec brio dans une écriture imagée. Ce polar historique est magnifiquement raconté et l’aspect politique-fiction Franco-Espagnole est un vrai régal. Ce livre a été choisi par les libraires comme « coup de cœur «  en 2013. Une histoire poussée jusqu’à la folie, émouvante, tragique, haletante et qui va diaboliquement crescendo. Gilles Vincent est né en 1958 à Issy- les- Moulineaux. Son grand-père fut député du Front Populaire ainsi que grand résistant déporté. Sa grand-mère était institutrice, hussarde de la République, bouffeuse de curés. Un père professeur en faculté, une mère professeure de lettres puis psychanalyste ont engendré un fils qui à l’âge de 20 ans s’est consacré à l’aventure des mots : ateliers, classes, conférences, romans …

     

    « La tante Julia et le scribouillard » Mario Vargas Llosa

    L’avis de Maria : Roman autobiographique : Julia Urquidi, tante de l’auteur, l’épousa en 1955 ; elle avait 29 ans et lui 19. Ils restèrent mariés jusqu’en 1964 date à laquelle Vargas Llosa l’abandonna pour s’unir à une de ses cousines germaines Patricia Llosa Urquidi. Julia Urquidi est morte en 2010. Lors d’une interview en 2003, elle dit : « C’est moi qui ait fait ce qu’il est. Le talent était de Mario, mais le sacrifice était mien. Sans mon aide il n’aurait pas été écrivain… Bon, ce fut quelque chose de mutuel, nous avions besoin l’un de l’autre. » En 1983, elle écrivit « Lo que Varguitas no dijo » en réponse au livre de l’auteur paru en 1977 à Lima. Varguitas, le héros du livre, a 18 ans. Il trompe l’ennui que génère ses études de droit en diffusant des informations dans une radio médiocre de Lima dans laquelle intervient aussi Pedro Camacho , as très écouté, du feuilleton radiophonique. Les chapitres pairs et impairs alternent entre vie amoureuse et états d’âme de l’auteur d’une part et avec la vie des personnages créés par Pedro Camacho d’autre part. J’ai été au bout du livre grâce aux histoires rocambolesques des feuilletons. Par contre le récit de la vie amoureuse de Varguitas traîne vraiment en longueur…

     

    « Héléna ou la mer en été » Julian Ayesta

    L’avis de Maria : Julian Ayesta (1919-1996) était un diplomate et fut aussi l’auteur d’un unique roman paru en 1952, considéré comme l’une des œuvres importantes de la littérature espagnole. Avec une écriture qui imite le style enfantin, l’auteur plonge dans son passé fait de journées insouciantes auprès de son oncle Arturo et de sa tante Honorina dans la ville portuaire de Gijon, avec ses cousins et cousines et plus particulièrement Héléna…qui lui fera découvrir les premiers émois de l’adolescence dans son imaginaire ? La religion est très présente dans le roman à l’image de ce qu’était la société espagnole d’après-guerre. L’auteur dans un chapitre sur « L’hiver » y développe l’idée du péché et de la tentation. L’auteur de la postface, Xavier Mauméjean, est né en 1963 à Biarritz. Il est spécialisé dans la science- fiction, le fantastique et le policier.

     

    « La transparence du temps » Leonardo Padura

    L’avis de Maria : J’ai bien aimé ce livre où Mario Condé, qui broie du noir à l’approche de ses soixante ans, nous livre ses états d’âme mais nous entraîne aussi dans une enquête sur le vol d’une statue représentant une Vierge Noire. Nous sommes ramenés des siècles en arrière et le récit très bien étayé par une excellente documentation devient passionnant au fil des pages. L’analyse sociologique faite par l’auteur à propos de la situation de Cuba et de l’état de sa société nous plonge dans une réalité assez noire.


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  • « La transparence du temps » Leonardo Padura

    L’avis de Martine :

    L’intrigue déroulée dans le roman ne m’a pas paru exceptionnelle l’ayant trouvée secondaire par rapport aux autres thèmes développés. En bref, Mario Conde, ce héros récurrent des ouvrages de l’auteur, va se lancer, pour aider un ami de lycée, à la recherche d’une Vierge Noire Médiévale qui a donc une très grande valeur.

    Ce qui m’a frappée, dans ce roman, c’est l’importance du temps (le titre d’ailleurs en témoigne), de l’introspection, de la mélancolie et de la description de la société cubaine actuelle.

    Le temps tout d’abord. Il rythme le livre par la datation de chaque chapitre qui traite de la contemporanéité des actions. Le temps historique est présent lui aussi dans les retours vers le passé intercalés parmi les autres chapitres tout au long du roman. Le temps présent égrène sa petite musique nostalgique et inquiétante dans la tête de Conde : ses 60 ans sont très très proches…Et cet anniversaire qui marque la fin du livre résonne en lui comme une échéance fatidique qui évoque son entrée dans le quatrième âge. Alors la peur s’installe : peur de la vieillesse, de la dégradation physique, peur aussi de la vie, de la société qui change autour de lui et à laquelle il ne se sent plus adapté. S’ajoute le futur départ à Miami d’un de ses meilleurs amis : y restera-t-il ou reviendra-t-il ? C’est nouveau d’avoir ce choix à Cuba : on peut voyager maintenant. Et puis, que faire à 60 ans ? Jusqu’à maintenant il lui a été dicté ce qu’il devait faire ou pas, mais maintenant la société cubaine a évolué et le grand élan collectif qui animait la jeunesse de son époque en vue d’un monde meilleur s’est mué en un individualisme forcené : chacun se débrouille pour améliorer sa vie par tous les moyens et donc certains arrivent même à se constituer de belles fortunes. Entre sa vie passée et cette vie future qu’il redoute, Conde irrémédiablement honnête et incorruptible s’interroge, éternel pessimiste désabusé. D’autre part si la société évolue vers la richesse pour certains, elle évolue aussi dans plus de misère pour d’autres. Misère que Conde découvre dans les bidonvilles qu’occupent des émigrés intérieurs venus de l’est de l’île (de Santiago notamment). Alors la mélancolie se soigne à coups de rhum avec les amis indéfectibles. La présence de sa compagne Tamara adoucit aussi ce mal être. L’intrigue policière, fort bien menée, ne sert ici que de prétexte à un roman doux amer qui transcende les époques, évoque la foi religieuse du Moyen-Age et dresse le magnifique portrait d’un honnête homme sans illusion à un tournant de sa vie. Leonardo Padura confirme une fois de plus son talent d’écrivain.

     L'avis de Françoise H :

    Leonardo Padura est un écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Maître du polar, il a reçu le Prix National de Littérature cubain en 2012 et le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015.Hérétiques (Métailié, 2014)a été salué par la critique et figurait dans la première sélection du Prix Médicis étranger en 2014

    Il aurait pu choisir l'exil comme beaucoup d'intellectuels cubains. Il a choisi de rester par fidélité à ses valeurs et ne le regrette pas. Le fait de partager le quotidien de gens rend authentiques les personnages de ses fictions.

     

    Les années 90 avec la chute du mur en Europe et l'arrêt de l'aide de l'ex URSS, ont impacté durement l'économie cubaine et de fait la vie quotidienne à Cuba . Tous les produits de première nécessité étaient devenus introuvables. Même si la situation s'est améliorée plus tard, le pays est resté isolé et en précarité.

    Mario Conde, personnage emblématique des romans de Leonardo Padura, en pleine crise d'angoisse dûe à l'approche de de ses 60 ans, doit enquêter sur la disparition de la statue d'une vierge noire. Il témoigne avec amertume des fléaux de l'économie occidentale qui gangrènent l'île, de l'incursion d'une économie de marché qui entraîne l'enrichissement de certains alors que d'autres se paupérisent. Les cubains ayant de la famille à l'étranger reçoivent de l'argent pour vivre plus confortablement, des inégalités croissantes apparaissent dans la société cubaine. La Havane a vu l'arrivée des orientaux, habitants des provinces de l'est qui ont construits des bidonvilles à la périphérie, villes fantômes car niées par les autorités. Ce n'est plus une société uniforme. Il y a ceux qui ont tiré leur épingle du jeu et les grands perdants et cela rend amer l'auteur à travers son personnage.

    Comme dans hérétiques, l'oeuvre d'art disparue donne lieu à une partie consacrée à son origine et nous fait ainsi remonter le temps jusqu'au siège de St Jean d'Acre puis à la condamnation de l'ordre des templiers. Cette partie est divisée en chapitres qui s'alternent avec l'enquête de Mario Conde dans la Havane.

    Une deuxième originalité réside dans l'intemporalité du personnage Antoni barral, protecteur de la statue qui apparaît à différentes époques et finit par s 'embarquer pour Cuba pendant la guerre civile espagnole. En cela, il introduit pour la première fois le réalisme magique, cette spécialité latino-américaine que Garcia Marquez et Isabel Allende ont contribué à faire  connaître.

    Le roman se termine le jour ou Obama et Raul Castro ouvrent des discussions qui laissent espérer une normalisation des relations entre les deux pays et peut-être la fin de l'embargo. S'en sont suivis une réelle ouverture freinée bientôt par le gouvernement soucieux de ne pas aller trop vite puis l'élection de Trump . Le nouveau président veut réformer la constitution par voie de référendum, l'accès à Internet est plus facile même s'il reste cher mais les cubains dans leur sens de la débrouille y arrivent toujours.

    Nous avons hâte de retrouver Mario Conde dans une nouvelle enquête pour nous immerger à nouveau dans cette île qui  attire et fascine toujours autant.

    « Héléna ou la mer en été » Julian AYESTA

    L’avis de Janine :

    Julian Aresta est né dans les Asturies, dans la ville de Gijon en 1919. Il meurt en 1996 suite à deux cancers. Il a publié des poèmes, des nouvelles et un seul roman en 1952 : « Héléna ou la mer en été » sous l’aile du prix Nobel, le poète Vicente Aleixandre.

    Son roman est une subtile aquarelle de fraîcheur et de sensibilité. L’évolution de ce jeune homme de quinze ans qui s’engage dans la phalange, sa participation à des mouvements d’écrivains, ses divers postes de diplomates, jusqu’à son engagement contre le gouvernement franquiste sont bien décrits en postface du livre par Xavier Mauméjean, lui-même écrivain français, spécialisé dans la science-fiction, le fantastique et le roman policier et diplômé en philosophie et sciences des religions. Dans « Héléna ou la mer en été » le narrateur se tourne vers un passé, sa ville natale des Asturies où il retrouve un monde où l’insouciance s’alliait aux mystères des adultes. Toute l’Espagne renaît et avec elle l’enfance d’un homme qui n’a rien oublié des parfums de cette ancienne vie, peuplée de personnages truculents, de tantes jacasseuses, d’oncles buveurs de cidre, de cousins de Madrid et de cousines sottes à l’exception d’Héléna qui aide le narrateur enfant à métamorphoser ses angoisses dont une : la peur du péché. Tout un chapitre est peuplé de multiples questions : pourquoi Dieu a-t-il créé les étoiles, les enfants d’Adam et Eve mariés entre frères et sœurs, les mystères planétaires d’un autre monde…

    Dans ce monde se côtoient le mystère de la grâce et de la miséricorde mais aussi le désir naissant de la sensualité. Frémissement de l’air, murmures et couleurs, majesté des paysages de la côte cantabrique, beauté et délicatesse des sentiments, c’est au milieu de tout cela que l’amour descend sur un monde révolu où il suffit de prendre doucement la main de sa cousine pour mourir de plénitude.

    Les critiques ont encensé ce livre. Pr exemple El Pais : « un excellent roman d’une fraîcheur inaltérable, écrit dans une prose magistrale ».

     L'avis de Françoise H :

    A la suite des dernières rééditions, ce court roman est redécouvert et salué par la critique dans des journaux de tous bords :

    « Un des plus beaux livres de la littérature espagnole d’après-guerre. » La Vanguardia.
    « Un excellent roman, d’une fraîcheur inaltérable, écrit dans une prose magistrale ». El Paìs.
    « Tous les parfums et les sensations parallèles de l’enfance, mais aussi les vapeurs de l’éternel féminin, sont déposés avec grâce et humour dans ce roman ».Libération

    L'édition de poche a comme image de couverture un magnifique tableau de Joaquín Sorolla peintre majeur espagnol du X X ème siècle, c'est une illustration parfaite pour ce roman.

    L'auteur se remet à la place de l'enfant qu'il était et imite pour cela un style enfantin en utilisant des des fantaisies typographiques comme celles de supprimer des espaces entre les mots ..
    Il peint par petites touches ses souvenirs d'enfance heureuse et plus particulièrement les étés passés au bord de la mer :

     

    les batailles de polochons entre cousins et cousines qui rendaient folle la tante chargée de les garder.

     

    les baignades propices à taquiner les femmes de la famille engoncées dans des tenues de bain désuètes et improbables.

     

    l'éveil à la sexualité et l'attirance vers sa cousine Helena (l'unique cousine à ne pas être sotte..., jugement misogyne des garçons adolescents de la famille)

     

    la place de la religion qui rythme le temps dans la société espagnole de cette époque, l'interprétation qu'avaient les enfants des péchés et comment ils s'en accommodaient alors qu'ils étaient éduqués chez les jésuites avec pour chacun un père spirituel....

     Juliàn Ayesta, c'est la postface qui nous en parle.  Elle occupe une part très importante dans ce livre. Elle nous éclaire sur l'auteur et revient sur la période évoquée.
    Elle est l'oeuvre de l'écrivain français  Xavier Maumejean érudit et touche à à tout, qui s'implique particulièrement ici puisque ses deux familles ont participé au conflit dans les deux camps.

    Julián Ayesta est né en 1919. Il était très jeune pendant la guerre civile, après des études de droit, il entra dans la diplomatie en 1947, mais ses liens avec certains dissidents l’écartèrent des postes clés. Il publia des poèmes, des nouvelles et un seul roman, en 1952, sous l’aile du prix Nobel Vicente Aleixandre. Il est décédé en 1996.

    « La maison des belles personnes » Gabriel Rolon

    L’avis de Marie-Lou :

    C’est une histoire tout à fait originale car, à la place de policiers, ce sont des psychiatres et autres psychologues qui mènent l’enquête à propos d’un crime !!! Il est vrai que nous sommes à Buenos Aires, ville où il y a le plus grand nombre de psy au m². C’est bien écrit, facile et agréable à lire (beaucoup de dialogues). L’auteur nous présente les personnages de façon un peu ambigüe ce qui fait que le lecteur a du mal à savoir de quels côtés ils se trouvent vraiment : amis ? ou ennemis ? On peut tous les croire impliqués dans cette drôle d’histoire, tous ont de bonnes raisons d’être plus ou moins complices de ce drame. Tout se dénoue à la fin, dans les dernières pages du livre. Pablo, le héros du roman, n’a qu’un but : la recherche de la vérité. Finira-t-il en justicier irréprochable ou en homme finalement raisonnable même au prix d’un mensonge qui soulage tout le monde ?

    « L'oubli que nous serons »d' Héctor Abad Faciolince, journaliste, romancier et traducteur de nombreux auteurs italiens.

    Avis de Françoise H :

    C'est en lisant le lambeau de Philippe Lançon que j'ai eu envie de mieux connaître l'écrivain colombien Héctor Abad et de lire son livre « L'oubli que nous serons ». En effet, Philippe Lançon, journaliste rescapé de l'attentat de Charlie Hebdo cite les lectures qui l'ont marqué pendant sa longue hospitalisation.

    Cet ouvrage est une déclaration d'amour filial et absolu à un père assassiné vingt ans auparavant par des « sicarios » à la solde de politiciens d'extrême droite.

    L'auteur de « L'oubli que nous serons » fait référence dans ce titre à un poème de Borges retrouvé sur le corps de son père et en écrivant cet hommage, il contribue à faire vivre un peu plus longtemps sa mémoire , à le faire mieux connaître et à effectuer pour lui-même une sorte de thérapie.

    Héctor Abad est le seul garçon d'une famille de six enfants. Il a occupé une place privilégié auprès de son père qui l'adorait et lui laissait absolument toute liberté.

    Héctor Abad père (en espagne comme en Amérique latine, il est de tradition de donner le prénom du père au premier garçon) était un humaniste. Médecin, professeur d'épidémiologie à l'université de Medellin, il a toujours oeuvré pour le bien-être des populations pauvres. Courageux, il n'hésitait pas à dénoncer les injustices et les scandales de dirigeants ultra conservateurs. Menacé à cause de ses prises de position et ses discours, très souvent en danger de mort, il a dû s'exiler plusieurs fois.

    Ce livre est captivant car il nous raconte à la fois l'histoire d'un pays livré à la violence dans les années 80, l'histoire d'une famille et surtout la vie d'un homme d'exception.

     


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  • Atelier de lecture du 14 février 2019

     

    « Point Cardinal » Leonor de Recondo

    L’avis de Maria :

    L’auteur décrit le cheminement de Laurent qui devient Mathilda puis Lauren, remettant en cause sa vie de famille auprès de sa femme Solange et de ses deux enfants Claire et Thomas. J’ai trouvé que l’auteure a développé les interrogations de Laurent sur son désir de devenir femme mais a peut-être minimisé l’impact de cette décision sur les membres de sa famille qui acceptent assez rapidement cette situation. Seule, la réaction de son fils paraît plus proche de la réalité sociale actuelle même si sur ce sujet notamment tout est en train d’évoluer doucement.

    « La barraca » Vicente Blasco Ibanñez .

    L’avis de Françoise H. :

    L'auteur, écrivain, journaliste et homme politique espagnol est né à Valencia en 1867. Souvent comparé à Zola, il a été poursuivi et emprisonné pour ses engagements, il est mort en en exil à Menton en France en 1928.

    Ce roman écrit en a été traduit en Français sous le titre de «Terres maudites ». Il a été écrit en partie alors que Blasco Ibañez se cachait de la police dans une ces fermettes appelées « barracas »

    Il décrit la vie rude des femmes et les hommes de la « Huerta » : plaine s'étendant de part et d'autre du fleuve Turia,  une terre fertile mais écrasée de soleil  où la gestion de l’eau est un enjeu central qui a donné naissance à des rites et à un tribunal particulier avec ses lois, ses règles et ses sanctions. C'est à une de ses séances qui se déroulent tous les jeudis à midi devant une église de Valence que nous assisterons pendant notre prochain voyage.

    L'histoire s'attache particulièrement au destin tragique de deux familles se succédant à dix ans d'intervalle sur la même propriété.  On ne peut s'empêcher de souffrir tout au long de lecture de la fin inéluctable qui attend les personnages auxquels on s'est attaché.

     Lire un extrait du roman : http://liseuse.harmattan.fr/2-7475-6354-5



    « Le labyrinthe des esprits » Carlos Ruiz Zafon

    L’avis de Martine :

    Dernier livre de la saga du « Cimetière des livres oubliés » et pour moi le meilleur. Si on a aimé Alexandre Dumas, Eugène Sue…on ne peut pas passer à côté de ce roman d’aventures aux nombreux personnages tous très typés, aux rebondissements multiples et à l’héroïne inoubliable : Alicia Gris. Parlons d’elle : pour moi elle évoque la femme fatale des films en noir et blanc des années 1950 : impassible, provocante, sulfureuse, mystérieuse, amorale, intelligente, téméraire, solitaire, tortueuse et torturée. Le second personnage, pour moi, c’est l’irrésistible Fermin au gros nez : sentencieux, exotique, truculent, gourmand, fortement sexué, droit, fidèle, courageux et à la verve soutenue et intarissable. Et puis viennent les autres : les bons, les méchants et parmi eux les vaincus et les vainqueurs.

    Le cadre: la Barcelone franquiste. L’intrigue : la recherche de la vérité sur la famille de libraires Sempere. L’enquête : c’est Alicia Gris qui la mène. Le début : la disparition d’un ministre franquiste qui déchaîne une cascade d’assassinats, de représailles et de mystères. Et l’on se retrouve embarqué dans une œuvre absolument magistrale, que l’on pourrait qualifier de gothique par l’architecture flamboyante du récit qui même érudition, suspens, aventures, poésie. Ce livre qui est un magnifique hommage à la littérature procure un véritable plaisir de lecture !!!



    « Par-delà la pluie » Victor del Arbol

    L’avis de Maria :

    Rien ne laisse penser dans le parcours de Miguel (75 ans) et celui d’Héléna (70 ans) le lien d’amitié et plus qui va se tisser entre eux dans la maison de retraite de Tarifa. Suite au décès tragique d’un de leurs compagnons auquel ils étaient attachés, ils décident de partir sur les routes (Barcelone, Madrid, Malmö…) en quête de leur passé mais aussi pour se confronter à la réalité de leur vie : vieillesse, maladie, famille, intimité… Je suis toujours séduite par les livres de Victor del Arbol qui réussit à nous tenir en haleine jusqu’au bout en faisant des liens inattendus qui ramènent à la guerre d’Espagne, aux prisons franquistes, à la corruption des policiers mais aussi à la vie des deux personnages du livre.

    L’avis de Jeanine :

    Miguel et Héléna se rencontrent dans une résidence pour seniors à Tarifa. Ils décident de s’épauler et prennent la route au volant d’une flamboyante Datsun direction Madrid, Barcelone et Malmö. On va suivre leur cheminement psychologique. L’auteur explore les racines de leur souffrance pour qu’ils puissent aller de l’avant. Pendant ce temps, à Malmö (Suède) Yasmina, fille d’immigrants marocains, vit sous la coupe d’un grand-père autoritaire (Abdul) et est méprisée par sa mère Fatima qui la considère comme une « honte » parce qu’elle travaille pour un Suédois au passé trouble et vit une romance passagère avec le chef adjoint de la police suédoise. Fidèle à ses qualités de sondeur d’âmes, l’auteur analyse leur part d’ombre, voire de noirceur comme celles pleines d’humanité. Il excelle à décortiquer les personnalités de ses personnages souvent écorchés, en suivant une trame d’aller-retours dans le passé qui peut dérouter au début tout en s’acheminant et en construisant son intrigue habilement vers un dénouement, dans le patient dévoilement de l’intime criant de vérité et d’émotion. L’auteur se sert des codes du polar avec une écriture raffinée, empreinte de poésie, de vérité et d’émotion qui m’a convaincue quant à moi de son talent.



    « La nuit du décret » Michel del Castillo

    L’avis de Josette :

    L’auteur est né à Madrid en 1933 de père français et de mère espagnole.

    Le thème : L’action se déroule en 1975. Le jeune inspecteur Loredo opérant dans la région de Murcia vient de se voir affecter à Huesca, petite ville du nord de l’Espagne, sous l’autorité du commissaire Avelino Pared. Celui-ci semble avoir laissé un triste souvenir en Catalogne, lors de la répression sanglante qu’il aurait conduite pendant la guerre civile. Avant de regagner son poste Loredo mène l’enquête au sujet de son supérieur afin de mieux cerner cet homme énigmatique.

    L’avis : roman très intéressant qui, sur fond de guerre civile, analyse le comportement des deux personnages principaux, d’autant que ce livre a été écrit peu après la mort de Franco. Il a été couronné par le prix Renaudot en 1981.



    « La rose de Saragosse » Raphaël Jerusalmy

    L’avis de Maria :

    Ecrivain français né le 2/11/1954, l’auteur situe le livre durant l’Inquisition en 1485. Torquemada fait régner la terreur après le meurtre de l’évêque de la ville. Le refus de la soumission se révèle au travers de gravures satyriques sur les murs de Saragosse. Au travers de la résistance de deux familles juives récemment converties et plus particulièrement poursuivies par Torquemada, l’auteur fait apparaître la délicatesse, l’amour de l’art, la création artistique. Même Angel, noble déchu, misérable à la solde de Torquemada, montre de la créativité et une certaine sensibilité. Au milieu de la noirceur de l’époque, la sensibilité de Léa, de sa famille, de leurs amis permet de lire ce livre avec plaisir.

     


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  • Ateliers de lecture du 22/11 et du 20/12 2018

     

    Humble rapporteuse des avis éclairés de mes compagnes de lecture toujours à l’affût de la dernière parution, du nouvel auteur, des meilleures critiques, je leur à souhaite à toutes une excellente année 2019, littéraire, romanesque, policière, actuelle, historique, politique, poétique, autant d’adjectifs qui balaient les types d’ouvrages que nous parcourons. Que cette année nous amène à tourner beaucoup de pages qui nous entraîneront dans ces échanges féconds et amicaux que nous aimons tant partager.

    Martine

    « Le reste est silence » Carla Guelfenbein

    L’avis de Maria :

    L’auteure est née en 1959 à Santiago du Chili. Exilée à onze ans en Grande-Bretagne pendant la dictature, elle vit au chili et travaille dans une agence de publicité. Elle a écrit : « L’envers de l’âme » en 2001, « Ma femme de ta vie » en 2007 (ces deux romans ont été qualifiés de best-sellers), « Nager nues » en 2013, « Etre à distance » en 2017.

    « Parfois les mots sont comme des flèches, ils vont et viennent, blessent et tuent comme à la guerre. Voilà pourquoi j’aime bien enregistrer les adultes » dit Tommy un garçon de 12 ans, malade (problèmes cardiaques) qui se promène avec le MP3 offert par sa belle-mère, Alma. Il saisit et enregistre donc les conversations des adultes. C’est ainsi qu’il apprend que sa mère n’est pas morte de maladie, mais s’est suicidée. Il essaie alors de trouver des éléments qui constituent son passé. Trois personnages s’expriment tour à tour dans le roman : Juan, le père de Tommy chirurgien cardiologue, Alma la belle-mère de Tommy et la maman de Lola âgée de 8 ans, Tommy lui-même. Chacun dévoile ses sentiments profonds, ses peurs, mais passe toujours à côté de l’autre sans arriver à le comprendre. On pénètre dans la vie intime des personnages, dans leurs secrets familiaux et l’on voit peu à peu partir à la dérive cette famille jusqu’au drame final.

     

    « Au cinq rue Lima » Mario Vargas Llosa

    Ce prix Nobel de littérature en 2010 est au Pérou en 1936. Il a écrit une vingtaine de romans.

    Cet ouvrage, écrit en 2016, dépeint, sur fond de dictature sous la présidence d’Alberto Fujimori, un gigantesque scandale à la fois politique, médiatique et sexuel sous la forme d’une intrigue policière à tiroirs dans un contexte érotico-sexuel assez débridé. L’intérêt de ce roman devient plus évident dès qu’apparaissent les vraies personnalités des différents personnages : politiciens, policiers de l’époque : le Président, le Docteur (Vladimiro Montesino, avocat des narcotrafiquants, chef des services de renseignements), d’autant plus que l’on sait que l’auteur avait été candidat à la présidence de la République en même temps que Fujimori. Donc à lire avec ces informations en tête.

     

    « La Maison des Belles Personnes » Gabriel Rolon

    L’avis de Martine :

    L’auteur est né à Buenos Aires en 1961. Il exerce dans cette ville comme psychanalyste. C’est une figure médiatique en Argentine où il a présenté plusieurs programmes de radio et de télévision autour de la psychanalyse pour des médias nationaux. Ce livre est son premier roman.

    Voici un roman policier original qui déroule une enquête sur fond de psychanalyse, ce qui m’a d’ailleurs entraînée dans une lecture instructive qui garde toutefois les codes du polar. L’atmosphère est sombre, inquiétante et l’ouvrage somme toute addictif. Le roman commence ainsi : un soir, un célèbre psychanalyste est contacté par une belle jeune femme qui lui adresse une demande surprenante : celle de l’aider à déclarer son jeune frère, accusé du meurtre de leur père, irresponsable mentalement. Et c’est ainsi que l’on pénètre au sein d’une famille pour le moins particulière : la mère, beaucoup trop amoureuse de son époux, est morte, le père, abject, a été assassiné par son fils psychotique, la sœur aînée se montre très protectrice, la jeune sœur, dotée d’une intelligence supérieure, est un prodige du violon. Alors la question essentielle du livre est : où est la vérité ? Faut-il se fier aux apparences ? Qui est vraiment coupable ? Le psychanalyste Pablo Rouvier nous entraîne dans une enquête angoissante et nous fait pénétrer dans un monde de noirceur tout en dépeignant une Argentine corrompue. Cet enquêteur offre au lecteur une personnalité humaine, compatissante mais aussi entêtée. Sa réussite professionnelle ne l’empêche pas d’avoir ses propres fragilités et une grande sensibilité. En ce qui me concerne, les remarques d’ordre psychanalytiques ne m’ont pas gênée. Au contraire, outre leur intérêt, elles contribuent à l’originalité de ce roman habilement construit.

     

    « Eva » Arturo Perez Reverte

    L’avis de Marie-Lou :

    Falco, c’est le James Bond de la guerre d’Espagne ! Sympa, charmeur, toujours intéressé par une aventure amoureuse. Ancien trafiquant d’armes, le voilà maintenant espion pour la cause franquiste, au service del « Almirante » personnage très pittoresque, au langage particulièrement fleuri. Cette fois, il s’agit pour Falco de récupérer pour les agents de Franco, l’or de la République Espagnole qui se trouve sur un bateau qui doit quitter les eaux neutres de Tanger pour la Russie avec son précieux chargement. Le frère de Franco est lui-même le commanditaire de cette opération. Avec toujours en toile de fond des faits historiques réels et des personnages ayant réellement existé, l’auteur nous entraîne, encore une fois, dans une belle aventure ! Mais rassurez-vous, notre héros est invincible, même dans les situations impossibles il s’en sort toujours ! Il doit continuer à vivre pour de nouvelles aventures…

     

    « L’heure de nous réveiller ensemble » Kirmen Uribe

    L’avis de Jeanine :

    Né en 1970, Kirmen Uribe est l’auteur le plus prometteur de la nouvelle génération basque. Son recueil « Entre temps donne-moi la main » a reçu des prix prestigieux et son roman « Bilbao-New-York-Bilbao » a obtenu le prix national de littérature espagnole. C’est un romancier et poète natif d’Ondarroa, issu d’une famille de pêcheurs. « L’heure de nous réveiller ensemble » raconte l’histoire d’un peuple, à travers notamment celle d’un couple, Karmele et Txomin, lui plus âgé qu’elle de quinze ans. Au sortir de la guerre civile, achevée pour l’un et pour l’autre dans le camp des vaincus, ils se rencontrent en France étant membres tous les deux du collectif artistique « Eresoinku » qui soutenait la cause du gouvernement basque en exil et financé par Manu Sota fils ainé de l’une des familles les plus riches d’Europe à l’époque. Txomin était trompettiste et Karmele danseuse. Lorsque la France en 1940 ne leur sera plus un refuge, ils s’exilent au Venezuela où Txomin devient membre des services secrets basques. Plus tard, ils devront revenir en Espagne avec leurs enfants pour une nouvelle mission à Barcelone. Txomin sera arrêté, torturé et emprisonné et ne s’en remettra jamais. Il y a aussi Antonio José Aguirre qui est à la tête de ces résistants basques et va rejoindre Manu Sota à New York où ce dernier est parti en août 1938 pour y ouvrir une délégation du pays basque. Aguirre, en qualité de professeur d’histoire à l’université Columbia, parle du rôle important que les Basques peuvent jouer à travers les services secrets basques, notamment sur les franquistes et dans la deuxième guerre mondiale. L’ambassadeur britannique à Paris, le député Noël Baker dira : « Les basques disposent d’une structure paramilitaire remarquable. Si une telle organisation s’étendait à toute l’Espagne, Franco ne resterait pas un jour de plus au pouvoir. » Une fois la guerre finie, l’ONU condamne Franco mais aucun pays ne suit et en 1947 les USA rejettent la condamnation de Franco par les Nations Unies. Manu Sota et Aguirre, pour maintenir éveillée la cause basque, organisent un congrès mondial à Paris sur la culture basque. En décembre 1958 des jeunes issus du PNB fondent l’ETA et sa revue. Y participent les enfants de Txomin et Karmele. Mais toute la direction de l’ETA fut démantelée le 3 décembre 1970 : « procès de Burgos ». Des protestations s’élevèrent enfin dans toute l’Europe, notamment massives en France.

    Bien qu’ayant un champ romanesque, ce livre parle de personnages réels, d’un peuple dans le siècle qui fut pour lui celui de toutes les déchirures. Il se base sur un travail de recherches remarquables, ce qui peut lui donner parfois un air de documentaire, notamment par rapport à la saga qu’est « Patria ».

     

    « Patria » Fernando Aramburu

    L’avis de Martine :

    Dès les premières pages j’ai été happée, je suis entée dans l’histoire et j’ai juste eu envie de poursuivre ma lecture rédigée dans un style simple, direct adapté au milieu social des personnages et ponctuée de dialogues qui rendent l’ouvrage vivant. Les époques se mélangent au sein de chapitres courts et rythmés. Au début de chacun d’eux on ne sait si l’on repart dans le passé ou si l’on reste dans l’actualité des personnages. Ce roman, c’est un puzzle qui se met en place progressivement. Chaque protagoniste est typé, on a donc ainsi une idée très claire de chacun d’eux, de sa psychologie, de ses sentiments. Les histoires de la vie de tous les jours se télescopent avec l’histoire de la province avec un grand H. Au départ, deux couples vivent dans un village du pays basque. L’un, qui a trois enfants, évolue dans un milieu ouvrier et l’autre, un peu plus aisé a deux enfants. Les deux couples partagent une vraie amitié, les hommes sont fous de vélo et vont au café ensemble, les femmes savent se faire plaisir en dégustant chocolat et churros à Donostia toutes les semaines. Tout va déraper et basculer quand s’instille progressivement le poison de la lutte armée pour l’indépendance car au sein des villages l’idéologie, peu intellectualisée, de l’indépendantisme ne laisse que deux choix : collaborer ou être ostracisé. Dans l’une des familles l'un des fils rejoint la bande armée séparatiste; l'autre devient l’objet de la vindicte du groupe armé quand le père de famille, El Txato, un petit patron, rechigne à payer "l'impôt révolutionnaire". Peu à peu mis à l'index par son entourage, il finit …..Les deux héroïnes, rudes, à la forte personnalité inflexible, ne m’ont pas été très sympathiques, leurs maris, plus humains, beaucoup plus. Le roman a quelques longueurs quand il s’appesantit sur la vie sans grand intérêt de certains enfants des personnages principaux et sur la fin, il s’étire. Une seule belle personne éclaire cet ouvrage : c’est Arantxa, la sœur du militant pur et dur. C’est la seule qui sait faire la part des choses, qui sait dissocier les jugements des sentiments (les uns n’empêchent pas les autres) et qui a une vue lucide sur les drames qui frappent les deux familles et plus largement sur l’ETA. A noter que le succès du roman a été tel qu’une adaptation en série est en cours en Espagne et qu’il est un excellent sujet de débat. Et pour terminer voici ce que dit l’auteur de l’idéologie décrite dans le livre : « Je ne sais pas si cette idéologie a été totalitaire, mais ceux qui se sont efforcés de la mettre en œuvre, oui, sans aucun doute. Ils ont voulu créer, de force, une communauté idéale. Estimant que certains citoyens y faisaient obstacle, ils ont fait d'eux des ennemis. Ils ont nié leur humanité. Après les avoir 'chosifiés', ils se sont arrangés pour les supprimer du paysage rêvé. Il y a eu plusieurs degrés dans cette exclusion : le silence, la soumission ont été les plus légères. Ensuite, l'exil. L'expulsion extrême a été l'assassinat sélectif. ETA a été créé pour accomplir cette tâche spécifique.  » (17/03/2018)magazine « L’express »

     

    « Point cardinal » Leonor de Recondo

    L’avis de Martine :

    Voici un livre court (143 pages) où pourtant tout est dit. Un couple s’aime depuis le lycée. Ils se sont mariés, ont eu deux enfants Thomas et Claire, jusque-là rien de très original. Un indice : Laurent, le père, éprouve depuis l’enfance une attirance particulière pour les vêtements de sa mère, il aime leur velouté, leur douceur et il adore s’enfermer dans l’armoire pour les toucher le plus longtemps possible. Et le livre commence ainsi, comme une scène de film : un parking quasiment désert où dans une voiture une femme se démaquille, enlève sa perruque blonde, sa robe et finit par se dénuder complètement pour se vêtir ensuite de vêtements masculins. C’est Laurent, le mari, le père. Ce roman est le parcours de cet homme aimant qui se sent femme, qui sait qu’il ne vit pas dans le bon corps et qui va vouloir affirmer, courageusement, cette identité féminine aux yeux de tous, famille et collègues de travail compris en se pliant à toutes les opérations nécessaires à sa transformation. Cette identité, en s’affirmant, va provoquer un cataclysme dans la famille… C’est un roman magnifique, très nuancé, où tout est dit finement, sans superflu et sans pathos mais avec beaucoup de sentiments. Le thème c’est l’identité, un point c’est tout. Il n’est nullement question d’homosexualité ni de désir sexuel.


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  • Atelier lecture du 18 octobre 2018

     

    « La conquête des îles de la Terre ferme » Alexis Jenni

    L’avis de Marie-Lou :

    J’ai trouvé ce livre très intéressant pour deux raisons essentielles :

     

    Il est écrit dans un style très simple, familier même dans les dialogues, rendant le livre facile et agréable à lire.

     

    Il détaille parfaitement toute cette nouveauté que découvrent les Espagnols par la description des paysages, des indigènes, de toute cette nouvelle vie. L’auteur nous emmène vraiment dans un autre univers, le Nouveau Monde !

    Le narrateur de cette épopée, Jean de la Luna, est un ancien moine-confesseur arrivé au couvent à cause d’un père, noble ruiné propriétaire terrien dans la plaine d’Extremadure, qui ne sait que faire de cet unique rejeton qu’il n’aime pas. Par hasard, il va à Séville et il embarque pour le Nouveau Monde en devenant le secrétaire-notaire d’Hernan Cortès ! Ce livre est une sorte de «  journal » qu’écrit Juan, surnommé Innocent par son maître Cortès. Il nous conte très en détail, étape après étape, le démantèlement et la chute de l’empire aztèque (les Mexicas), la fin puis la mort du roi Montezuma. (page 347).

    Lors de l’expédition qui se solde par une honteuse retraite de l’armée espagnole lors de la « Noche Triste », juillet 1520, l’armée de Cortès compte 553 soldats, 110 marins, 16 chevaux et des chiens. Cortès, très malin, profita alors des divisions indigènes et de leurs haines intestines et parvient à s’allier aux Totomaques et aux Tlaxcalans. A la deuxième expédition (août 1521) pendant laquelle Cortès en réchappe de justesse « il est blessé et s’enfuit comme un chien mouillé ». Ce n’est que grâce aux indigènes rebelles aux Mexicas et surtout grâce à la prise du nouvel empereur mexica que le massacre cesse…

    « Nous semions la terreur et nos alliés y cédaient avec enthousiasme… » (page251)

    « En plus des Indiens que nous avons déjà, un autre millier se joignait à nous, de bon cœur, semblait-il… » (page 244)

    « Heureusement qu’ils se détestent tous. Il leur suffirait de s’entendre pour nous submerger… » (page260)

    Cortès vainqueur s’installe dans un palais à Coyoacan, le roi d’Espagne lui accorde le statut de Marquis del Valle. Puis il est repris par la fièvre de l’or et des conquêtes et part avec une armée considérable à la recherche du Honduras. « Ils partent pour rien » pour plusieurs mois et « reviennent ceux qui ne sont pas morts des fièvres et des flèches jaillies de la forêt ». Ils retournent à Cuba : « la vie ne peut pas continuer ainsi » se plaint Cortès, « mais il a changé, il a perdu le charme et la chance, il a perdu ce avec quoi il entraînait les hommes et surmontait les obstacles. On joue, on gagne et puis on perd. Il a brûlé sa chance et son charme dans notre affreuse aventure. »

    On comptait 80 millions d’Indiens à la fin du 15ème siècle. Il en reste moins de 10 millions un siècle après.

     

    « Patría » Fernando Arramburu

    L’avis de Françoise H. :

    Pátria est le 9ème roman de l'auteur basque Fernando Aramburu qui a également écrit des nouvelles, des recueils de poésie et des livres pour enfants.

     Paru en 2016 en Espagne, Pátria (vendu à plus de 500 000 exemplaires) a reçu le Prix national de littérature narrative en octobre 2017.

    Il s'agit d'une saga passionnante de plus de 600 pages qui met en scène deux familles amies par le passé mais séparées par le conflit armé d'ETA, une fiction qui ne saurait, par le biais de ce roman, expliquer seule le conflit qui déchira toute une région mais elle y contribue.

    Dans ce roman, les personnages femmes représentent les piliers de leur famille.

    Le fils de l'une s'est engagé dans l'action violente et purge une longue peine de prison. Quant à l'autre femme, Bitori, la femme de Tchato assassiné pour avoir refusé de verser l'impôt à la lutte armée, elle décide de retourner chez elle en bravant les anciens bourreaux ou leurs complices.

    Par cette fresque romanesque, F Arramburu nous éclaire sur les mécanismes du terrorisme et délivre un message universel.

     

    « La rose de Saragosse » Raphaël Jerusalmy

     L’avis de Martine :

    Nous sommes en 1485 à Saragosse. Le père inquisiteur de la ville, Pedro de Arbuès, est assassiné. On soupçonne les grandes familles de la cité qui voient d’un mauvais œil le pouvoir grandissant du Saint Office. Dans les palais de la Juiverie promis au saccage, l’inquiétude monte. Alors dans la ville fleurissent sur les murs des placards, signés d’une rose épineuse, et représentant le cadavre écorché d’Arbuès. Scandalisé, Torquemada le nouvel inquisiteur lance tous ses « familiers » (enquêteurs ayant tous les droits) sur la trace du mystérieux graveur. Parmi eux, se distingue un hidalgo Angel Maria de la Cruz y Alta Mesa sale et pauvre forcé de fréquenter la populace et toujours accompagné d’un chien purulent et hideux. Cet homme frustre est aussi un artiste. Deux riches familles juives converties sont avec l’hidalgo au cœur du roman . L’une a une fille, Léa de Montesa, éduquée, cultivée, raffinée, artiste elle est espèce négligeable, contrainte de taire ses capacités intellectuelles et ses dons naturels. Alors qui est l’assassin qui a déclenché de terribles persécutions ? A travers la rose, allégorie de la résistance à l’obscurantisme, ce roman est celui d’une rébellion et du fanatisme. La fragile Léa de Montesa par l’art, la gravure et la beauté défie l’inquisiteur. L’écriture est fine, belle et précise et la lecture addictive. En conclusion, voici un roman court, original qui captive du début à la fin. Hier comme aujourd’hui, peut-on dire non à la barbarie ?

     

    « Sa Seigneurie » Jaume Cabré

    L’avis de Marie-Lou :

    J’ai sûrement eu tort de lire ce livre après « Confiteor » et surtout « Les voix du Pamano ». Est-ce bien le même auteur? Ou bien a-t-il changé de nègre ? Je n’ai pas aimé ce livre et j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser aux petits soucis de Sa Seigneurie et de sa « bande » d’inutiles. J’ai arrêté avant la fin renonçant du coup à connaître le sort du jeune Andreu emprisonné à tort et au mystère Ciset-Reyme…


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  • Atelier lecture du 28 juin 2018

     

    « Falco » Arturo Pérez Reverte

    L’avis de Marie-Lou :

    Comme à chaque fois avec un roman de Pérez Reverte, on est spectateur et non lecteur tellement il sait nous rendre vivants ses personnages et réels ses paysages, ses scènes, l’atmosphère… On est dedans ! Ici on suit Lorenzo Falco dans une aventure en Espagne pendant la guerre civile. C’est un espion qui, pour sauver sa peau (juste par opportunisme), s’est retrouvé du côté franquiste au moment du soulèvement militaire de 1936. C’était un aventurier (trafiquant d’armes entre autres) sans foi ni loi, beau garçon toujours à la recherche d’une conquête féminine. Il nous apparaît, malgré tout, sympathique car il est intelligent, insolent avec la hiérarchie et devenu philosophe par ses expériences de la vie. Il fait toujours face mais sans réel engagement : « En qui devrais-je croire ? En des généraux appelés par Dieu pour sauver l’Espagne de la horde marxiste ou en une République prolétarienne qui défend sa liberté ? ». Il est donc enrôlé au sein du SNIO « grupo lucero » dépendant du quartier général militaire spécialiste en « infiltrations, sabotages et assassinats d’éléments ennemis tant en zone républicaine qu’à l’étranger ». Son chef «  el Almirante » est un opportuniste comme lui. «  Je ne dispose que d’une vie. Un bref moment entre deux nuits. Et le monde est une aventure si formidable que je ne suis pas disposé à perdre. » Sa mission : avec l’aide de la marine allemande il doit, avec un groupe d’une vingtaine de phalangistes, faire évader José Antonio Primo de Rivera de la prison d’Alicante. Pour ce faire, il doit traverser les lignes ennemies, se rendre à Cartagène (depuis Salamanca) où il rencontrera les militants qui vont l’aider. C’est toute une galerie de portraits que l’auteur nous présente au fil du périple de Falco ; il y a de tout : des phalangistes fanatiques jusqu’au simple étudiant idéaliste, des filles, des gars… et toujours dans sa bouche ses remarques qui nous le rendent finalement intéressant : « Ma guerre était tout autre, les deux parties adverses étaient bien claires : moi d’un côté, de l’autre : tous les autres. » On suit avec un réel plaisir tous les préparatifs, les rencontres, les trahisons, les contre-temps, les règlements de compte… Enfin arrive le jour J de l’attaque de la prison…On y assiste vraiment ! Après un coup de théâtre final (il fallait s’y attendre…), Falco terminera son aventure sinon en héros, mais au moins en paix avec lui-même.

    « Monastère » Eduardo Halfon

    L’avis de Janine :

    Eduardo Halfon est né au Guatemala en 1971 et a passé une partie de sa jeunesse aux Etats-Unis. « La pirouette » a obtenu en Espagne le prestigieux prix José Maria de Peredor. En 2007, l’auteur est nommé parmi les quarante meilleurs jeunes écrivains latino-américains au Hay festival de Bogota. En 2012, il bénéficie de la bourse Guggenheim. Il vit aujourd’hui dans le Nebraska. Il est lauréat du prix Roger Caillois en 2015.

    « Monastère » :

    Eduardo, jeune ingénieur de Guatemala, part en voyage avec son jeune frère à Jérusalem pour assister au mariage de leur sœur avec un juif orthodoxe, ce qui ne les enthousiasme pas. Eduardo ne voit pas Israël comme la Terre Promise, pour lui ce n’est qu’un devoir familial d’autant que le fiancé sa sœur, qui est de Brooklyn, divorcé, passé par les alcooliques anonymes, coupé de sa famille fait partie d’un courant ultra-orthodoxe. Au cours de la visite de Jérusalem au centre hassidique qui reçoit ce courant Eduardo se sent de plus en plus mal à l’aise et compare ces juifs orthodoxes à des vautours. Si bien qu’il décide de ne pas aller au mariage, rebuté par une telle puissance, une telle comédie. Néanmoins il repense à ses grands-parents d’origine arabe juive :

     

    Le grand-père paternel arabe juif de Beyrouth

     

    La grand-mère arabe juive d’Alexandrie

     

    La grand-mère arabe juive d’Alep.

    Mais il se souvient aussi, lorsqu’enfant il dormait dans la même chambre que son frère, que leur mère leur demandait tous les soirs de faire leur prière qui consistait à dire six mots hébreux : cherna, israël, adonaï, elohenou, chad qu’ils récitaient mécaniquement et n’évoquaient que la présence de leur mère et ses baisers. Un jous de Shabat, petit, il avait jeté son châle dans la synagogue et donc avait déjà un certain refus de sa judéité. Il se souvient tout particulièrement de son grand-père polonais, arrêté dans son pays. Eduardo a réalisé un voyage en Pologne pour voir où son grand-père avait été arrêté en novembre 1939, il avait seize ans, a été prisonnier pendant six ans dans plusieurs camps de concentration. A sa libération, il a quitté la Pologne offensé par ses compatriotes et s’est installé au Guatemala. Avant de mourir, il a donné à Eduardo un petit papier jaune sur lequel était inscrite son adresse complète en Pologne. (Là, par contre, apparaît un intérêt sur le sort des juifs à travers le personnage de son grand-père.) Dans la dernière partie du livre Eduardo rencontre Tamara, hôtesse de la Lufthansa, qu’il avait déjà connue au Guatemala. Tamara, israélienne sensuelle et impulsive, emmène Eduardo passer une journée au bord de la mer Morte, au cours de laquelle elle le confronte à ses contradictions, le pousse à affronter sa judéité, remonter le chemin de ses origines.

    L’hebdomadaire  « L’express » écrit à propos de l’auteur : « Eduardo Halfon devient le premier écrivain nord-américain de langue espagnole ». Il a une vraie maîtrise du romanesque, un côté brillant, une alternance entre profondeur et légèreté, délicatesse et humour.


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  • Atelier lecture du 31/05/2018

     

    « La villa des prodiges » Eduardo Mendoza

    L’avis de Françoise L.  :

    L’auteur est né en 1943 à Barcelone. Il écrit en castillan et en catalan. Il a obtenu le prix Cervantès (la plus grande récompense littéraire du monde hispanique) en 2016 pour l’ensemble de son œuvre. Son roman publié en 1986 a été adapté au cinéma en 1999 sous le même titre.

    Onofre Bouvila entre dans Barcelone où se prépare l’exposition universelle de 1888. Ce petit paysan très pauvre va accomplir un miracle entre cette exposition et la suivante de 1929 et va devenir un riche industriel dans une ville ravagée par la pauvreté. C’est un anti-héros sans scrupule qui sort tout droit des romans picaresques du XVIème siècle. Il est parachuté dans une Barcelone grouillante, entouré de personnages louches, répugnants et malhonnêtes. La décadence et l’évolution de Barcelone vers la fin du XIXème siècle y sont bien dépeintes. La ville elle-même devient le personnage principal du livre en se transformant progressivement en ville moderne. Barcelone est bien « la ville des prodiges » !

     

    « La conquête des îles de la Terre Ferme » Alexis Jenni

    L’avis de Martine :

    Ce roman retrace la conquête du Mexique par Hernan Cortès. Comment en 1521 avec « 500 types de hasard, soudards dépareillés, rassemblés à Cuba » ce conquistador conquiert le grand et brillant empire aztèque au sein duquel régnait Montezuma. Le narrateur, jeune noble espagnol totalement désargenté, est contraint après une histoire d’amour plutôt dangereuse de s’embarquer à Séville pour le Nouveau-Monde. Arrivé à Cuba, il va devenir le secrétaire de Cortès et participera à toutes les batailles de la conquête et pour finir s’installera dans ce pays, sur son domaine exploité par des esclaves indiens qui meurent les uns après les autres.

    Ce livre est une fresque remplie de bruit, de fureur, de violence, de sang, d’horreur, d’exactions, de massacres, servie par une écriture magnifique, profonde, puissante, débordante. Les descriptions, d’une grande précision, soumettent notre imaginaire à rude épreuve. Tout y est à foison : les sacrifices humains, le cannibalisme, les chairs consumées, les démembrements, la puanteur… Ce livre c’est celui :

     De la cupidité, de la soif de l’or qui transforment cette conquête en génocide.

     De la terreur devenue une arme de guerre.

     D’une confrontation de deux mondes incrédules face à ce qu’ils découvrent l’un de l’autre : d’un côté l’incrédulité des Espagnols devant la puissance aztèque, son polythéisme anthropophage, ses sacrifices humains, l’abondance de leur or ; de l’autre côté celle des Indiens tétanisés face aux chevaux, aux armes à feu, aux arbalètes et n’ayant aucune conscience de la valeur de leur or.

     D’une inhumanité qui gagne tous les Espagnols : « ll est étrange ce réflexe que nous avons de ne pas faire souffrir, comme si nous sentions en nous-mêmes la douleur que l'on inflige. C'est peut-être la présence de notre âme immortelle qui nous suggère la douceur, et l'amour pour tout ce qui a deux bras, deux jambes et un visage. Et il est tout aussi étrange que ce sentiment si commun cède si aisément, dès que les circonstances l'éprouvent un peu, dès que les visages autour de nous ne sont plus ceux que nous avons l'habitude de reconnaître, et alors se révèle en nous une capacité d'infliger une douleur infinie, à n'importe qui, avec la plus grande indifférence. »

    Deux figures féminines traversent ce roman. Tout d’abord celle que l’on appellera « La Malinche » qui vivra un temps avec Cortès et sera sa traductrice et celle de la douce Elvira, esclave attribuée au narrateur qui deviendra son épouse et lui donnera un enfant, fondant ainsi le métissage et la descendance.

    Ce livre m’a beaucoup appris et m’a emportée plus loin dans un souci de documentation et de vérité historique. Je l’ai refermé avec un profond sentiment de tristesse et sa puissance a fait qu’il est resté dans mes pensées bien des jours après l’avoir terminé.

     

    « Dans l’épaisseur de la chair » Jean Marie Blas de Roblès

    L’avis de Martine :

    Si l’auteur a dit « mon but est de faire de la littérature, pas de raconter l’histoire de ma famille… », à mon avis les deux sont totalement imbriquées et donc indissociables. Pour moi, ce qui prime dans ce roman c’est le magnifique hommage d’un fils à son père à travers le récit familial qui part de l’immigration d’une humble famille espagnole en Algérie, menant là-bas une vie difficile de colporteur puis de commerçant et qui arrive au retour dramatique et difficile de l’auteur et sa famille en 1962 en France. J’ai beaucoup apprécié cette figure paternelle décrite car elle est profondément humaine et digne. C’est l’histoire d’un homme de bien, plongé dans l’Histoire de l’Algérie qui le dépasse : « Mon père a assisté aux massacres de Sétif, il n'a rien fait, rien dit, rien ressenti, et je ne parviens ni à l'excuser ni à l'en blâmer. Il n'est pas si facile de percevoir ce que l'on voit ; il faut beaucoup d'efforts, de concentration sur l'instant présent, sur ce qu'il offre à notre regard, pour ne pas limiter ses yeux à leur simple fonction de chambre noire." Peut-on avoir le recul nécessaire, quand est on est dans sa propre vie avec tout ce que cela implique, pour analyser un fait et prévoir ses conséquences ? Je passe sur le récit riche en rebondissements, anecdotes, humour, humanité…sa découverte n’en sera que plus appréciée… En second lieu ce qui m’a plu dans ce superbe récit d’une saga familiale c’est qu’il n’est ni le défenseur d’une idéalisation du type « apport de civilisation dans un territoire conquis » ni une dénonciation féroce de ce que certains ont appelé « un crime contre l’humanité ». La réflexion est nuancée, subtile, pas manichéenne et novatrice quand par exemple l’auteur fait le comptage des nombres de viols à la fin de la 2ème guerre mondiale. D’ailleurs l’auteur se livre à une réflexion implacable sur la guerre, il analyse les bienfaits et les injustices de la colonisation et dénonce clairement l’égoïsme des Français de métropole au moment de faire une place à ceux que l’on appellera « les Pieds- Noirs ». Ce fait-là, moi aussi je l’ai ressenti très clairement à l’âge de 13 ans : « les Pieds-Noirs » étaient vécus comme des riches exploiteurs qui rentraient pour « manger le pain des Français de métropole ». Tout tient en une phrase : « Les Pieds-Noirs sont les boucs émissaires du forfait colonialiste ». En 3ème point, j’en arrive à l’aspect littéraire du récit, particulièrement réussi. C’est un roman d’aventures traversé par des figures attachantes comme celle d’Ali le brancardier, ou celle du docteur Hassani qui proposera au père de l’auteur un poste important dans l’Algérie indépendante. Beaucoup de personnages fourmillent dans ce roman, représentatifs de cette société complexe. C’est un plaisir d’écriture et donc de lecture. L’auteur sait plonger le lecteur dans des descriptions d’ambiances particulières : parties de pêche, délicieux repas préparés par la mère de l’auteur, baignades dans la Méditerranée, émouvant loto de Noël 1972 où les souvenirs affluent…sans oublier un côté humoristique très agréable.

    En conclusion, ce récit, c’est celui que fait un fils qui, tout en barbotant dans l’eau, va entrer réellement « dans l’épaisseur de la chair » de son père de 93 ans et va le comprendre. Est-ce la métaphore d’une réconciliation entre la France et l’Algérie ? Ce livre m’a aussi beaucoup rappelé celui, magnifique, de Yasmina Khadra : « Ce que le jour doit à la nuit ». où le héros, lui, est un pharmacien algérien qui , comme le père de l’auteur, soignera les partisans du FLN et les Français d’Algérie. Pour moi ces deux livres se rejoignent par leur humanité, leur souci de nuancer, de montrer la complexité. Et, en conclusion, je lirai prochainement le livre d’Alice Zeniter : « L’art de perdre » dans lequel elle raconte le destin de générations successives de sa famille entre la France et l’Algérie.

     


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  • Atelier de lecture du jeudi 5 avril 2018

     

    « Dans l’épaisseur de la chair » Jean-Marie Blas de Roblès

    L’avis de Jeanine :

    L’auteur : Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, puis balloté en Camargue, à Rouen et dans les Vosges après le rapatriement des Français d’Algérie, Jean-Marie Blas de Roblès passe son adolescence dans le Var. Etudes de philosophie à la Sorbonne, d’histoire au Collège de France, régates au long cours en Méditerranée. En poste au Brésil comme enseignant et directeur de la Maison de la Culture Française à l’université de Fortaleza, il reçoit le prix de l’Académie Française pour son recueil « La Mémoire de riz » en 1982. Transfert en Chine Populaire : il aura le privilège de donner les premiers cours sur Sartre et Roland Barthes à l’université de Tien-Tsin (Tianjin), à la fin de la Révolution Culturelle. En 1987, parution de son premier roman « L’impudeur des choses ». Après un séjour au Tibet, il rejoint sa nouvelle affectation à l’université de Palerme en empruntant le Transsibérien. Un deuxième roman « Le Rituel des Dunes » paraît en 1989. C’est à Taïwan (Alliance Française de Taipei) qu’il commence son troisième roman « Là où les tigres sont chez eux » (prix Médicis en 2008) et abandonne l’enseignement pour se dédier à l’écriture. Voyages au Pérou au Yémen et en Indonésie. A partir de 1990, publication d’essais ou de textes poétiques en revues (notamment dans le Mâche-Laurier en 2006 et de « Méduse en son miroir » en 2008 chez Mare Nostrum). Membre de la Mission Archéologique Française en Lybie depuis 1986, il a participé chaque été aux fouilles sous-marines d’ Appolonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine. Il dirige actuellement la collection Archéologies qu’il a créée chez Edisud et où il a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation. Dans le même cadre d’activités, il est aussi responsable de rédaction de la revue Aouras, consacrée à la recherche archéologique sur l’Aurès antique.

    Le roman : C’est l’histoire de ce qui se passe dans la tête d’un homme ou le roman vrai de Manuel Cortès, rêvé par son fils (avec le perroquet Heidegger en trublion narquois de sa conscience agitée), Manuel Cortès dont la vie pourrait se résumer ainsi : fils d’immigrés espagnols tenant bistrot dans la ville garnison de Sidi-Bel Abbès, en Algérie, devenu chirurgien, engagé volontaire aux côtés des Alliés en 1942 et accessoirement sosie de Tyrone Power, détail qui peut avoir son importance auprès des dames…Et pui, il y a tout ce qui ne se résume pas, tous ces petits faits vrais de la mythologie familiale, les manies du pêcheur solitaire en Méditerranée, les heures douloureuses du départ familial dans l’urgence, et celles, non moins dures, de l’arrivée sur l’autre rive de la mer, de cette famille rapatriée. « Dans l’épaisseur de la chair » est un roman ambitieux, émouvant, admirable qui s’ancre d’abord dans l’amour, l’estime infinie d’un fils pour son père. C’est aussi, à travers l’histoire personnelle d’un homme, tout un pan de l’histoire de l’Algérie, depuis l’arrivée des grands-parents, venus d’Espagne, jusqu’au retour en France, au début des années soixante. Et ça commence par une apostrophe terrible, lancée par le père à son fils- Tu n’as jamais été un vrai pied-noir- doublée d’une question en écho : qu’est-ce qu’un vrai pied-noir ? Le récit est enlevé, brillant, philosophique, drôle, émouvant, bien sûr, sur une période peu exploitée dans le roman contemporain… Et avant tout un magnifique hommage d’un fils à son père.

     

    L’avis de Françoise H :

    Ce livre est un chef-d’œuvre de littérature, c'était la volonté de l'auteur et c'est réussi. Je l'ai découvert après avoir refermé le livre, heureusement car cette démarche me trouble un peu. Il a en effet déclaré « mon but est de faire de la littérature, pas de raconter l’histoire de ma famille »…

    Dès les premières lignes, j'ai été séduite par la qualité d'écriture et la profondeur du récit et de la réflexion.

    Si le premier chapitre déconcerte un peu, les rites des parties de pêche d'un fils et son père, l'histoire se dévoile ensuite : celle de Manuel Cortés le père pied-noir qui défile dans l'esprit de Thomas, le fils, tombé malencontreusement à la mer alors qu'il est parti seul en mer. Ses forces de décembre.

    Il s'agit d'un roman multiple. Tout d'abord l'auteur, historien de formation, nous décrit de façon détaillée et documentée à travers la saga familiale la colonisation de l'Algérie, l'engagement des pieds-noirs au côté des goumiers indigènes dans les débarquements en Italie et en Provence pendant la deuxième guerre mondiale, puis la guerre d'indépendance et enfin le rapatriement en métropole. Quant au philosophe, c'est plutôt sous forme de clin d’œil que l'auteur y fait allusion par la voix du perroquet imaginaire Heidegger qui interpelle Thomas et dialogue avec lui alors qu'il s'accroche au bateau glissant peu à peu vers l'hypothermie.

    extraits du livre :

    «  Il en va des pieds-noirs comme des Byzantins, ils n’ont existé en tant que tels qu’une fois leur monde disparu. » (page 59)

    "Mon père a assisté aux massacres de Sétif, il n'a rien fait, rien dit, rien ressenti, et je ne parviens ni à l'excuser ni à l'en blâmer. Il n'est pas si facile de percevoir ce que l'on voit ; il faut beaucoup d'efforts, de concentration sur l'instant présent, sur ce qu'il offre à notre regard, pour ne pas limiter ses yeux à leur simple fonction de chambre noire. Aveugles : ceux qui se sont contentés de voir, tranche Heidegger. Il a raison, hélas. "

    « La vérité, pourtant, c'est qu'en matière d'exactions sur les populations civiles, goumiers et tirailleurs n'ont pas été plus sauvages que les G I lors de la libération de la France. mille viols pour le corps expéditionnaire français en Italie, à peu près la même chose pour les soldats américains en France et en Angleterre, les russes remportant la palme, avec cent vingt-cinq mille femmes Entre trois et cinq violées dans la seule ville de Berlin.

    Plus qu'une sordide décompensation de soldats épargnés par la mort, le viol a toujours été une véritable arme de guerre. La pire sans doute avec le rapt et la torture... »

    Ces passages ne sont pas représentatifs de l'ensemble du roman mais ces réflexions en réponse aux souvenirs de guerre de Manuel Cortés m'ont interpellée et m'ont confortée dans l'idée qu'on ne peut attribuer à une « race », à une origine ou à une nationalité un non- respect de l'humain en opposition avec notre société que nous croyons civilisée grâce à l'éducation.

    Pour conclure, je dirais que ce roman extrêmement riche sur le plan historique et également plein de réflexion sur la nature humaine est l'un des meilleurs que j'ai lu cette année.

     

    « Tout cela, je te le donnerai /Todo esto te daré » Dolorés Redondo

    L’avis de Françoise H :

    « Tout cela, je te le donnerai /Todo esto te daré » fait référence à un verset de la bible et il s'agit du titre qu'a choisi Dolores Redondo pour son troisième livre. Ce polar ethnique et sociologique a remporté le très mérité prix Planeta 2016 en Espagne . Après la trilogie du Bastan qui avait pour décor le Pays basque, l'auteure nous transporte en Galice où Alvaro Muniz de Dávila, fils d’une famille patricienne décède dans un accident de voiture. Cet accident dans un lieu inattendu est le point de départ d'une enquête menée par le mari du défunt et un policier à la retraite.

    Dolores Redondo aborde des thèmes comme le mariage pour tous, la place de l'église dans la société espagnole et plus particulièrement dans sa noblesse, la pédophilie au sein de l'église, la violence conjugale et nous décrit l'ambiance d'un « pazo » demeure noble de la région ainsi que les paysages somptueux des rives du Miño où les rangs de vigne produisent du vin depuis l'époque romaine.

    Le liant de tous ces ingrédients est assuré avec talent par la vie des personnages et leurs relations complexes dans des mondes qui s'affrontent : celui des traditions à défendre coûte que coûte et celui du modernisme, héritage de la movida.

    « Tout cela, je te le donnerai » est un roman captivant que l'on ne lâche qu'à regret à une heure avancée de la nuit !

     


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  • Atelier lecture du jeudi 1er mars

    « Lettres de mon enfance » Emma Reyes

    L’avis de Françoise H.  :

    Emma Reyes décrit son enfance à travers des lettres qu’elle envoie à un ami écrivain et diplomate colombien. Les premières années, elle les passe en compagnie de sa sœur légèrement plus âgée et d’un garçonnet surnommé le « pou »  dans un endroit sordide : une pièce aveugle fermée à clé pendant les longues absences de Mademoiselle Maria, l’adulte responsable des enfants, probablement leur mère. Dans les années 20 en Colombie, cette jeune femme, jolie et sans ressources, dépend de protecteurs qui lui procurent du travail comme gérante de chocolateries dans la région de Boyacá,  dans les environs de Bogota. Ces emplois sont pour les petites filles une opportunité d’être  mieux logées. Le garçon, lui, a été abandonné à Bogota.

    Au cours d’un de ces séjours,  Mlle Maria donne naissance à un autre petit garçon laissé aux soins de Emma, pas plus désiré, le contrôle des naissances n’existant pas encore, il ne recevra pas davantage d’affection ni de soins que les fillettes. D’ailleurs ces dernières s’entendent dire que la vie aurait été bien différente sans elles…

    Emma raconte cette existence difficile avec un certain détachement, elle s’y est adaptée par instinct de survie.

    Après le traumatisme de l’abandon, d’abord celui du pou puis celui du bébé et enfin le leur, elles se plient à la vie dure du couvent où elles sont recueillies. A l’âge de 19 ans, sa force de caractère permet à Emma de s’enfuir, de découvrir le monde et de connaître une vie hors du commun. Analphabète, mais habile brodeuse elle tirera profit de ce talent pour investir sa connaissance des couleurs, du graphisme et de l’organisation de l’espace dans la peinture. Elle devient une artiste mondialement reconnue se formant auprès de maîtres renommés successifs et en évoluant dans ses styles au gré de ses expériences et de son parcours de vie.

    Ces lettres écrites trente ans après l'évasion du couvent d'Emma Reyes et de son entrée dans la vraie vie, représentent sans doute le récit des événements les plus marquants, ceux qui se sont gravés dans sa mémoire, peut-être modifiés ou interprétés à travers le prisme du temps et ont contribué à la construction de sa personnalité.

    C'est non seulement un témoignage sur la vie difficile des enfants pauvres du début du XXème siècle en Colombie mais également un tableau de la société colombienne de cette époque, un véritable document historique.

     

    L’avis de Marie-Lou :

    En 1969, Emma Reyes vit à Paris, elle a 50 ans et entame une correspondance avec son ami German Arciniegas. Vingt-trois de ces lettres composent ce livre. Elle y raconte sa vie d’enfant en Colombie, avec sa sœur Héléna qui a deux ans de plus qu’elle. Elles n’ont pas de famille et sont « trimballées » au gré des événements de villes en villages, de maisons en couvents. Elles finissent par rester dans une communauté religieuse où, avec d’autres orphelines et en échanges de travaux forcés, elles survivent bien qu’affamées et maltraitées. Quand elle arrive là, Emma a cinq ans. Son existence est rythmée par les incessantes prières, les travaux domestiques, les punitions. On ne lui parle que du diable et de l’enfer qui la guette si elle n’accepte pas son triste sort. L’ignorance et la crainte des représentants de Dieu sur Terre, que l’on veut à tout prix lui inculquer, ne la briseront pas puisqu’elle décide de voler les clés du portail et s’évade. (Elle est à peine adolescente.) Elle veut «  mettre en marche vers le monde », « sans autre bagage que celui d’une pensionnaire d’orphelinat experte en broderie ». Et, elle va bien la réussir cette nouvelle vie puisqu’elle va voyager à travers le monde (Buenos-Aires, Paris, Washington, Mexico, Périgueux !.. où elle finira sa vie) et deviendra une peintre célèbre. Pour écrire ses souffrances, Emma se remet dans la peau de la petite fille qu’elle était en utilisant un vocabulaire et un langage simple, limite naïf, mais réaliste et émouvant.

    Merci à tout l’atelier lecture

    pour sa disponibilité, sa participation, son enthousiasme

    et bien sûr son talent sans lequel

    la soirée du 29 mars n’aurait pas été celle qu’elle a été !

     


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  • Atelier de lecture du 18 janvier 2018

    Chère Martine,

    J'ai été très touchée par votre message et je vous en remercie chaleureusement. C'est une joie de voir mon livre aussi bien reçu et compris. Que cette histoire d'un vieux solitaire - écrite dans la solitude de  mon bureau ! - rencontre de tels lecteurs, je ne peux rien souhaiter de mieux.

      Comme vous, je suis totalement imprégnée de l'Espagne, ce pays auquel les Républicains exilés ont dû s'arracher et je vous dis bravo pour votre action culturelle  à travers La Tertulia.

    Bien sûr, si je passe à Villeneuve  sur Lot, ou dans les environs, je ne manquerais pas d'aller vous voir, promis!

    Bien sincèrement à vous

     Y  un saludo a todos los amigos de La Tertulia.


    Carine Fernandez

     Voici donc en introduction le mail que m’a renvoyé Carine Fernandez faisant suite à celui que je lui avais transmis. C’est une très belle réponse qui suscite vraiment l’envie d’une rencontre future. Alors peut-être un jour ?...... Ce compte-rendu commence donc par les avis de son roman :

     

    « Mille ans après la guerre » Carine Fernandez

     L’avis de Marie-Lou :

     Medianoche et Mediodia, deux jumeaux, vivent dans un petit village d’Extremadure quand éclate la guerre civile. En 1938, Mediodia le bon vivant se fait arrêter et fusiller avec toute la jeunesse républicaine du village, il n’a pas 18 ans ! Son frère jumeau, le héros du livre, a la chance de s’en sortir, momentanément, car il était chez le maréchal ferrant pour la mule. Il se cache quelques mois dans la montagne mais dès qu’il redescend au Pueblo il est pris à son tour et fera le tour des camps de travaux forcés du pays jusqu’en 1948 où il sera libéré. Toute sa vie sera habitée par la présence de son frère jumeau, cette moitié de lui-même qui lui manque tant ! Aujourd’hui il vit seul avec son chien et voilà qu’il décide de revenir au pueblo de sa jeunesse, à l’endroit où a commencé son malheur !...Il voyage dans une Extremadure qu’il ne reconnait plus dans ses paysages, à la recherche d’anciens lieux, d’anciens visages (amis ou ennemis, se demande-t-il en les voyant), il nous explique l’histoire côté Rouge, bien entendu :

     

    La position stratégique de l’Extremadure divisée en deux avec la poche de la Serena et de la Siberia qui résistèrent jusqu’au bout.

     

    La haine historique des communistes envers les anarchistes.

     

    La « vérité » que l’on ne connaitra jamais sur la mort du leader anarchiste mythique Buenaventura Durutti.

     

    La terrible désillusion à la libération de la France, une fois le nazisme renversé : après Paris, Berlin, il y avait Madrid !

     

    Negrin, « Le Planqué », chef du gouvernement espagnol en exil, luxueusement installé à Paris.

     

    Le massacre de Badajoz les 14 et 15 juillet 1936 par le général Yagüe «  le boucher de Badajoz », 4000 personnes, hommes, femmes et enfants massacrés en deux jours dans les arènes.

    Et puis dans ce roman, on nous parle aussi des artistes espagnols :

     

    Le philosophe Unamuno à Salamanca défiant la Phalange et à qui le chef de celle-ci dit : « Muerte a la inteligencia ! Viva la muerte ! » le 12 octobre 1936 dans le temple de l’intelligence, l’Université de Salamanca.

     

    Le poète Garcia-Lorca assassiné à Grenade : » On lui a mis deux balles dans le cul à ce pédé ! »

    On n’oublie pas les grands peintres espagnols et dans une scène particulièrement réussie du livre (il s’agit de la visite du musée du Prado) Medianoche, avec sa liberté tout juste retrouvée à Madrid, découvre à sa façon très personnelle, très imprégnée du passé dont il ne parvient pas à se défaire, découvre donc Zurbaran, le Greco, Goya…. On apprend aussi que le directeur du musée du Prado nommé pendant la République était un certain Pablo Picasso. Le livre se termine, Medianoche peut partir. Le passé n’existe plus, avec le village il a été englouti par les eaux du Guadiana. Un nouveau décor est planté : un lac (comme un bleu linceul), de nouveaux personnages, des maisons neuves, un bar…..la vie continue !!!

     

    L’avis de Maria :

     Miguel, un vieil homme, quitte sa maison, fuyant l’arrivée redoutée de sa sœur, pour rejoindre la région où il est né : l’Extremadura, en compagnie de son chien son ami et confident : Ramón. Revenu dans son pays englouti par les eaux d’un barrage, des pans entiers de sa jeunesse surgissent. Dans un style agréable à lire, Carine Fernandez revient sur les années les plus noires qu’ait connu l’Espagne, tout en nous faisant vivre le voyage intérieur de Miguel qui peut enfin se libérer du passé.

     

    L’avis de Françoise H. :

     Medianoche en fuyant l’arrivée de sa sœur qui promet de troubler la torpeur et le confort qu’il s’était ménagé depuis la mort de sa femme, entreprend un retour vers le passé accompagné de son chien Ramón. Cet animal auquel il est très attaché lui permet de supporter son isolement. Il entreprend alors un voyage en Estrémadure, sa région d’origine où il a vécu les années de la guerre et où son frère a été assassiné par les nationalistes après une rafle dans le village. Depuis, il porte en lui la culpabilité du survivant. Son séjour dans le village reconstruit près des ruines du premier englouti sous le lac de barrage créé par Franco, lui permet de réfléchir à son passé, de l’accepter et de regarder enfin le présent. Ce roman parle avec justesse et clarté de l’amitié qui rend supportable toutes les souffrances, de l’amour rendu impossible par la conscience d’appartenir à des classes sociales différentes, de l’Espagne franquiste puis de l’Espagne actuelle où les descendants de ceux qui se sont affrontés cohabitent maintenant et font évoluer ce pays devenu bien différent jusque dans ses paysages.

     

    L’avis de Martine :

     Miguel, alias Medianoche, est un vieux retraité à la gueule tordue, qui vit seul avec son chien dans une cité ouvrière de Madrid où il a passé quarante ans. Une lettre de sa sœur, l’avisant que devenue veuve elle souhaite venir habiter avec lui, le pousse à fuir et à entreprendre un voyage en Estrémadure pour y retrouver son village natal. Mais, là-bas, rien ne ressemble à ce qu’il a connu, son village est enfoui sous les eaux d’un grand lac, et même la végétation n’est plus la même. Il séjourne donc dans un autre village : Castilblanco. Ce voyage réel s’accompagne aussi d’un cheminement intérieur poignant et douloureux, un retour sur son adolescence où il était inséparable de son frère jumeau : Mediodia, arrêté et fusillé à presque dix-huit ans par les nationalistes sous le prétexte d’avoir vandalisé une église. Cette mort dramatique va hanter Medianoche toute sa vie. Même s’il n’était pas présent au moment des faits, il sera arrêté et fera comme il dit : « du tourisme carcéral », notamment dans le terrible camp de Castuera en Estrémadure. Il y connaîtra une magnifique amitié et enfin libéré ira à Madrid où il rencontrera un bel amour qu’il refusera, enfermé dans sa condition sociale. J’ai beaucoup aimé ce livre. Le personnage de Miguel, marqué par la culpabilité du survivant est très émouvant. La guerre d’Espagne avec ses atrocités, ses vies brisées, ses disparus y est largement évoquée, bien qu’après sa fin elle ait provoqué dans le pays une amnésie générale ou citée seulement sous le mot « aquella ». L’écriture est parfois rude mais aussi savoureuse (cf : la visite du musée du Prado), et aussi très évocatrice : on voit, on ressent l’Estrémadure. Ce roman a été un vrai plaisir de lecture.

     

    Carine Fernandez a publié plusieurs romans chez Actes Sud. Longtemps expatriée au Moyen Orient et aux Etats-Unis, elle vit actuellement à Lyon. Pour en savoir plus sur son parcours et son œuvre il faut consulter son site très bien documenté.

     

    « Lettres de mon enfance » Emma Reyes

     L’avis de Janine :

     Emma Reyes est née à Bogota en 1919 et décédée à Bordeaux en 2003. Elle fut une artiste au destin fulgurant. Orpheline, élevée dans un couvent de la capitale colombienne, elle est devenue une peintre de renommée mondiale proche de Frida Kalho et de Diego Rivera qu’elle a fait connaître. En France, où elle a vécu à partir des années soixante, elle a contribué à faire émerger sur la scène artistique une génération entière d’artistes sud-américains. Chevalier des Arts et des Lettres, Emma Reyes laisse derrière elle une œuvre exceptionnelle. Elle était également une conteuse.

    « Lettres de mon enfance » est le récit de vingt-trois lettres inédites adressées à son ami German Arciniegas entre 1969 et 1997 qui racontent son enfance très dure de manière non misérabiliste, mais parfois cocasse, à travers les souvenirs d’une petite fille à l’imagination débordante. Emma et sa sœur Hélène de deux ans son aînée, filles illégitimes, orphelines, ont d’abord été élevées par une prénommée Maria de façon très dure ( corvées d’eau, de pots de chambre…) pour de très petites filles. Au cours d’un déménagement, raconté de manière très drôle, les petites filles étant sur le dos de deux Indiens folkloriques arrivent en retard à la gare et Maria est partie, les abandonnant. Elles sont alors placées dans un couvent pour enfants, elles ont 5 et 7 ans. Les règles y sont très dures, le travail qu’elles fournissent aussi. Emma et Hélène sont inséparables, Hélène protège sa petite sœur. Elles ne voyaient jamais personne de l’extérieur et ignoraient tout du monde. Les sœurs leur inculquaient le péché, l’adoration de Dieu, de la vierge Marie et la crainte du diable. Tout cela faisait partie de leur quotidien avec des punitions très sévères à la clé. Dans cette ambiance rigoureuse se démarque la présence de Carmelita qui n’est pas religieuse, haute en couleurs et à l’histoire vraie. L’arrivée d’une petite nouvelle fascine un groupe de petites filles avec une petite figurine «  Tarrarrurra » qui leur raconte tout ce qui se passe dans le monde et qu’elles croient vivantes. Cette petite nouvelle est renvoyée, traitée de folle et meurt noyée en voulant récupérer sa figurine tombée dans la rivière. Emma est très perturbée par cette annonce et refait pipi au lit, ce qui lui vaut de nombreux châtiments. Ainsi les années s’écoulent et Emma devient la meilleure brodeuse ce qui l’élève à s’occuper de l’aube du pape (qui ne sera pas finie). Par la suite elle travaille auprès de la sacristaine et un jour elle lui vole la clé du portail et s’enfuit, quitte Bogota. Elle ne sait ni lire ni écrire, elle a 19 ans.

    C’est son ami German Arciniegas qui raconte par la suite ses voyages ( Buenos Aires, Montevideo) ainsi que dans la jungle du Paraguay où les guérilleros ont tué son fils. A Buenos Aires, elle gagne le concours international de peinture dont le prix est un voyage à Paris. Sur le livre d’or est inscrit le nom de Picasso. Emma vit à Washington, à Mexico et peint toujours beaucoup. Puis elle s’installe en France à Périgueux avec Jean, son médecin, le grand amour de sa vie, qui deviendra son mari.

    Lettres de mon enfance est un roman inachevé, lu uniquement par Gabriel Garcia Marquez. Il fut publié en 2012 et il est devenu un classique, traduit dans le monde entier.

    L’histoire de cette petite fille cloitrée, maintenue dans la plus grande ignorance du monde, de la culture, mais dotée malgré tout d’un imaginaire extraordinaire, débarquant dans la vie à l’âge de 19 ans m’a passionnée. J’aurais aimé en savoir un peu plus sur la transition et la construction de cette femme, devenue peintre célèbre.

    Emma Reyes commence à peindre en 1943. De ses pérégrinations apparaissent différentes séries.

     

    « Tours et détours de la vilaine fille » Mario Vargas Llosa

     L’avis de Maria :

     C’est l’histoire d’un « amour » qui devient une obsession un peu lassante mais qui parvient à donner envie de finir le livre où se croisent beaucoup d’ambition, de relations destructrices et toujours le retour vers l’homme fidèle et « soumis », obsédé par Lily.

     

    BD « Dolores » Bruno Loth

     L’avis de Maria :

     C’est l’histoire d’un retour sur les origines et la vie de sa mère qui, en maison de retraite semble perdre la tête. Au travers de cette quête, on redécouvre des faits moins connus de la guerre tout en traversant l’Espagne d’aujourd’hui.

    Bruno Loth, auteur de BD français a d’abord travaillé dans la publicité. Ses bandes dessinées, comme «  Ermo » sur la guerre d’Espagne) racontent au travers de personnages souvent fictifs, l’histoire d’un des membres de sa famille lors d’événements qui ont marqué l’Histoire.

     

    BD « Là où se termine la terre » Désirée et Alain Frappier

     L’avis de Maria :

     Au travers de l’enfance et l’adolescence de Pedro, on revit l’histoire du Chili de 1948 à 1970 : la Guerre Froide, la révolution cubaine…et les espoirs qui accompagnent l’élection de Salvador Allende.

    Désirée est journaliste et écrivain. Alain est peintre et illustrateur. Ils travaillent ensemble depuis les années 2000 pour créer des albums. Ce roman graphique est le fruit du témoignage de leur ami Pedro Atias Muños, né à Santiago et exilé en France. Les auteurs ont lancé une participation contributive pour réaliser la suite de ce livre qui nécessiterait de s’immerger plusieurs mois au Chili.

     

    « Une offrande à la tempête » Dolores Redondo

     L’avis de Françoise L. :

     Troisième livre de la trilogie du Batzan. Dans cette vallée, une petite fille décède, étouffée dans son berceau. Une pression a été appliquée sur le visage du bébé. Alors que la police soupçonne le père d’être impliqué, la grand-mère attribue ce meurtre au génie maléfique INGUNA, issu de la mythologie basque. Rapidement cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites et suspectes de nourrissons. L’inspectrice Amalia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, au risque de mettre de côté son rôle de mère. Cette enquête la renvoie à sa propre histoire.

    De nouveau on est emporté dans le pays basque espagnol. On est frappé par le rythme énergique de la narration ainsi que par les rebondissements. On s’enfonce dans l’histoire sans frein. On est captivé autant qu’éprouvé et l’on veut connaitre la fin.


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